Fichite’s Leben, I, 1, 6, p. 158, note
femme une amie de Jeanne Fichte, Anna Schulthess (probablement la sœur du pasteur qui l'avait mariée), la fille d’un grand confiseur de Zurich. L'occasion était tentante d’aller lui rendre visite. Jeanne la saisit d'autant plus volontiers que son mari était désireux de voir, lui aussi, Pestalozzi; 1l appréciait fort les ouvrages de l’éducateur populaire, la Soirée d’un Ermite (Abendstunde eines Einsiedlers), Christophe et Elsa (Kristoph und Elsa), et surtout le livre auquel Pestalozzi devait sa gloire : Léonard et Gertrude (Lienhard und Gertrud). Fichte et Jeanne accompagnèrent donc Baggesen et Fernow jusqu'à Richterswyl!, après avoir longé pendant deux heures la rive gauche du lac de Zurich et marché encore deux heures au delà du lac.
Ce furent alors de longues conversations durant lesquelles, dit Fernow, les heures paraissaient des secondes?. Pestalozzi avait dépassé la quarantaine; sa figure, marquée de la petite vérole, était laide, son habit et ses manières étaient simples ?. Avec tout le feu et tout le génie de son cœur, il initiait ses visiteurs à la méthode qu'il avait déjà commencé de mettre en pratique. En quoi consistait cette méthode? D'abord et essentiellement dans un retour à la nature : substituer à la science livresque, à la connaissance par ouïdire, l'appel à l'intuition, l’appréhension directe et immédiate des objets externes ou internes, l'éveil de la spontanéité et de la réflexion *. Apprendre, par une expérience personnelle, à lire dans le grand livre du monde et à voir dans la profondeur de sa conscience, être capable de discerner, par la connaissance de leur nomenclature, les formes des objets et de distinguer les variétés de nos sentiments; mettre le jeune esprit directement en contact avec les réalités concrètes au lieu d’interposer entre elles et lui les abstractions nécessairement vides de sens pour lui, dont on commence par le nourrir d'ordinaire; exercer le jugement au lieu de n'exercer que la mémoire; cultiver les forces de l’esprit en intensité et non pas surtout en extension, voilà le premier principe, le
. Fichteïs Lieben, 1, 1,16, p.458.
. Ibid., p. 159, note.
. Ibid., lettre inédite de Fernow.
. Pour l'exercice de l'intuition Pestalozzi avait toute une méthode dont les principaux moyens étaient, pour employer ses propres expressions, le nombre, La forme, le langage, c’est-à-dire au fond le calcul mental portant sur les nombres simples: la distinction, la mesure et la reproduction graphique des figures géométriques élémentaires, formes générales des objets ; la parole qui, en formulant par des mots les noms des choses, enseigne à les déterminer. Ces trois moyens constituaient, à ses yeux, les éléments mêmes de l’instruction, le nombre, la forme, le nom étant les caractères distinctifs des choses.