BERTHOLD, LE VIEUX SERVITEUR, DES SERVANTES
(Des servantes entrent, qui viennent préparer rouets
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et escabeaux qu'elles mettent en place. Une d'elles apporte deux premiers flambeaux qui jettent un demi-jour douteux. Pendant ce travail on entend au lointain V appel bigarre d'une corne rustique.)
BERTHOLD. Il écoute.
La corne du berger...
(Des bruits de clochettes, un grelotis de sonnailles, un martellement discret de pieds léger sur la terre
molle.)
BERTHOLD
Le bruit de ses troupeaux... Ils rentrent bien tôt aujourd'hui. (Pendant qu'il prononce ces paroles, on entend très loin, très loin... iï est-ce pas une illusion? — si loin que c'est peut-être un rêve — un cor très triste sonnant perdu dans la forêt. En sursaut.) Un cor ! mais c'est un songe, un ironique écho ! Qui sonnerait du cor, ici, dans mes domaines? (Le cor semble encore s'éloigner et devenir plus triste. On dirait une voix déchirante qui meurt, qui s'éplore, qui se plaint.
A un vieux serviteur qui apporte des flambeaux.) Entendez-vous là-bas?... c'est comme une âme en peine, ce cor.
LE VI EUX SERVITEUR. 77 écoute, fait un signe de dénégation
étonnée.
Non!
(Un appel plus clair, ainsi une menace, une colère,
mais court... comme si une bouffée de vent V apportait.)
BERTHOLD
Encore!... écoutez bien.
{Le cor se tait.)
LE VIEUX SERVITEUR, après avoir tendu l'oreille. Seigneur, je n'entends rien ! rien! (Exit.)