‹ Fidélaine; conte lyrique en 3 actesChapitre 3 sur 27 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Une forêt très luxuriante et très touffue avec des lointains de mvstère et des échappées sur des infinis bleus. Des lianes s'élancent d'un arbre à l'autre. Chaude après-midi d'été. C'est la fête du soleil dans la forêt séculaire et profonde. L'ombre du sous-bois est criblée de mille flèches de feu. Il y a des flaques d'or sur le sol, des nappes de soleil qui se déchirent aux branches, des rayons dans les lianes, une vibration lumineuse dans l'atmosphère.

Au fond, dans le plein jour d'une clairière, un lac miroite bordé de plantes étranges, énormes, à la fois gracieuses et superbes, dont les nœuds semblent un grouillement de reptiles, et qui ont des fleurs inquiétantes et lourdes.

Au lever du rideau, silence sonore et vibrant, frisselis de feuilles, haleine du vent dans les branches, cris d'oiseaux, martellements du pic-vert qui pioche Técorce des arbres, susurrement cristallin d'une eau vive qu'on ne voit pas, bruit frais de cascatelles.

Fidélaine, rieuse, enfantine, vêtue de clair, auréolée de ses cheveux, ayant en mains des fleurs sauvages, entre en courant par la droite et va se cacher derrière un tronc rugueux, au pied embroussaillé.

On entend la voix d'Hyléol encore invisible qui l'appelle.

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