‹ Fidelio de L. van BeethovenChapitre 12 sur 12 · ADDITIONS ET CORRECTIONS · texte numérisé non relu

ADDITIONS ET CORRECTIONS

Page 28. — A propos du goût de Beethoven pour le théâtre, il faut encore rappeler que, jusque dans les dernières années de sa vie, il y revint sans cesse.

En 1823, il s'occupa très sérieusement avec Grillparzer du livret de la Belle Mélusine dont ce remarquable poète lui avait proposé le sujet. Il eut avec lui de nombreux entretiens et le poème avait été à peu près complètement arrêté entre eux, quand Beethoven reçut du comte Brûhl, intendant des théâtres royaux de Prusse, la commande d'un nouvel opéra. Le comte Brtihl était très favorablement disposé pour Beethoven qu'il admirait sincèrement. Réparant l'erreur de son prédécesseur qui avait refusé Fidelio en 1814, il avait, dès son entrée en fonctions, engagé à l'Opéra de Berlin la créatrice de Léonore, Anna Milder, et fait représenter Fidelio en 1816.

En réponse à la commande du comte Briihl, Beethoven lui proposa le sujet de Mélusine et fit envoyer à Berlin le scénario qui avait été arrêté entre lui et Grillparzer. Ce scénario fut refusé par le comité de lecture, sous le prétexte qu'il offrait des analogies avec le sujet d'un ballet, Undine, représenté peu auparavant à Berlin.

Beethoven fut très irrité de ce refus et sa mauvaise humeur se traduisit par d'acerbes observations dont les Cahiers de

conversation de l'année 1823 ont gardé la trace. Il n'y ménage pas les chanteurs allemands dont l'infériorité était évidente, comparés à la brillante pléiade de chanteurs italiens qui exécutaient alors le répertoire de Rossini, à Vienne. Beethoven avait entendu // Barbier e en 1822. Sous l'impression du moment, il annonça l'intention de composer un opéra pour les Italiens, < dans le même style »! Il est à peine nécessaire d'ajouter que ce projet n'eut jamais même un commencement d'exécution.

Sur son lit de mort, parlant à son ami Et. von Breuning, il se plaignait encore de n'avoir pas trouvé un poème dramatique à sa convenance. Il eût voulut, disait-il, un sujet qui le prît tout entier, mais moral et de tendances élevées, comme les Deux Journées ou la Vestale. Il répéta alors qu'il n'aimait pas les sujets scabreux comme ceux qui avaient inspiré Mozart : « jamais il n'aurait pu les composer ».

Parmi ses papiers, on trouva un fort lot de livrets manuscrits ou imprimés, notamment de livrets français, qu'il avait lus dans l'espoir d'y trouver un sujet à sa convenance.

Page 66. — Voici le début du duo de Marceline et de Léonore :

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Le morceau est entièrement conservé et on en trouvera la réduction pour piano et chant dans les deux partitions de Léonore, publiées par Otto Jahn et le D"" Prieger, chez Breitkopf et Hartel.

Page 69. — Ligne 7, lire : « qui termine l'acte II (et non l'acte I) de la première version ».

Page 80. — Dernière ligne, lire : Sostenuto assai, au lieu de Andante assai.

Page. 100. — Voici comment Aug. Rœckel dans les Souvenirs qu'il a communiqués à W.-A. Thayer, rapporte l'incident qui surgit entre Beethoven et le baron von Braun, à propos des représentations d'avril 1806 :

« Beethoven en présence des médiocres tantièmes produits par les représentations de Fidelio, se crut victime d'une erreur accidentelle ou volontaire dans le calcul des recettes. Il fit part de ses soupçons au baron. Celui-ci prit tout naturellement la défense de ses subordonnés, ajoutant qu'il espérait bien qu'au cours des représentations suivantes, les recettes monteraient ; que les premiers rangs, les fauteuils et le parterre avaient seuls été occupés jusqu'alors, mais que bientôt on verrait aussi se remplir les galeries supérieures. Ces mots firent bondir Beethoven qui s'écria : « Je n'écris pas pour les galeries supérieures ». «Vraiment? » reprit vivement le baron von Braun. « Mais Mozart lui-même n'a pas dédaigné de le faire! » Cette remarque manquait peut-être de tact. Beethoven en fut profondément froissé. Malgré sa profonde admiration pour Mozart, rien ne l'irritait autant que de s'entendre sans cesse jeter à la tête le nom de Mozart. Il tourna le dos au baron, sortit et fit aussitôt redemander sa partition. >

Page 101. — Ligne 14, lire : cornet de poste, au lieu de cornet à piston.

Page 106. — Ligne 22, lire : Romulus et Remus, au lieu de Remulus.

Page 114. — Ligne 5, lire : Les artistes du Théâtre de la Porte de Carinthie.

Page 169. — A la liste des représentations de Fidelio données à Londres, il faut ajouter celles de 1833, au théâtre de Drury Lane, toujours en allemand, avec M""^ Schrœder-Devrient et le ténor Haitzinger. L'orchestre était dirigé par Chelard.

Page 181. — - A propos de la reprise de Fidelio au Théâtre italien en 1869, avec M"^ Krauss, il faut rappeler l'article enthousiaste que Reyer consacra à l'œuvre et à sa principale

interprète dans les Débats. — Cet article est reproduit dans Notes de musique.

Reyer y rappelle qu'en 1823, Fidelio fut donné pour la première fois à Dresde (29 août), sous la direction de C.-M. Weber. En 1810, dans une lettre à l'éditeur-coinpositeur Nœgeli, de Zurich, Weber avait porté sur Beethoven un jugement plutôt sévère que l'âge seul peut expliquer et excuser.

En 1823, il saisit avec empressement l'occasion des représentations de son œuvre, pour adresser à Beethoven une lettre où il témoigne de son admiration pour Fidelio « cette œuvre capitale pour l'étendue et la profondeur du sentiment allemand ». Les lettres échangées entre Weber et Beethoven, à cette occasion, sont malheureusement perdues.

Page 186. — Au sujet des représentations de Fidelio à l'Opéra- Comique, sous la direction de M. Albert Carré, voici quelques détails complémentaires empruntés à l'intéressant Almanach des spectacles de M. A. Soubies :

La première de Fidelio, traduction d'Antheunis, récitatifs de Gevaert, est du 30 décembre 1898. Jusqu'à la fin de la saison, il y eut treize représentations. C'est Fidelio qui réalisa, le 7 janvier 1899, la plus forte recette de l'année théâtrale à rOpéra-Comique, soit 9,668 francs.

En 1900, Fidelio n'eut que deux représentations; — six en 1901, avec M""' Jeanne Raunay dans Léonore, Léon Beyie (Florestan) ; Vieuille (Rocco) et Albers (Pizarro) ; — sept en 1906. Pour cette dernière reprise, la distribution était la suivante : Léonore, M"* Kutscherra; Marceline, M"^Vauthrin; Florestan, M. Beyle; Pizarro, M. Dufranne; Rocco, M. Vieuille; Jacquino, M. Carbonne.

Page 232. — Cinquième ligne, lire : « Une modulation un peu sèche (au lieu de brusque) intervient brusquement ».

Bruxelles. — Impr. Th. Lombaerts, rue du Persil, 3.

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