‹ Fidelio opera en trois actesChapitre 34 sur 47 · ROCCO, ISABELLE · texte numérisé non relu

ROCCO, ISABELLE

Le jour commence à tomber.

ROCCO

Je l’ai promis, tu me suivras.

Viens, prends mou bras,

ISABELLE, à part.

Mon âme frissonne !

Quelle terreur Saisit mon cœur !

ROCCO

Viens, suis-moi, l’heure sonne;

Près de ce malheureux Descendons tous les deux;

Le maitre nous l’ordonne.

Quoi!... veut-on le sauver?

HOCCO

Hélas ! pauvre martyr,

De tous ses maux la mort va bientôt l'affranchir,

Et nous devons dans l'ombre Tous deux l’ensevelir.

ISABELLE

O noir complot terrible et sombre!

C’en est donc fait! il va mourir!

ROCCO

Que tout son sang sur vous retombe !

O monseigneur! à vous la honte et le remord!

Qu'un autre lui donne la mort;

Nos mains u’ouvrirout qu'une tombe!

ISABELLE, * part.

Ah! malheureuse ! je succombe!

D’épouvante et d’horreur je sens mon front pâlir!

ROCCO

Nous devons dans la nuit tous deux l’ensevelir;

Allons, suis-moi, point de faiblesse!

Le jour s’enfuit, l'heure nous presse.

ISABELLE

Voici ma main; guidez mes pas.

11 faut marcher; n’hésitons pas.

ROCCO

Il faut d’abord de la citerne Oter la pierre à petit bruit;

Munissons-nous d’une lanterne Pour nous conduire dans la nuit.

Il allume une lanterne.

• ISABELLE, à part.

Son supplice, hélas! s'apprête!

Mon Dieu! jo meurs!...

ROCCO

L’effroi déjà t’arrête?

Je vois tes yeux mouillés de pleurs...

Eh bien! dans ces cachots sans toi je vais descendre; Reste; — ici tu peux m’attendre.

ISABELLE

Non, non, je n’ai plus peur! Venez.

Entrent Marceline et Stefano.

Page 1