SCÈNE XIV
Les Mêmes , SFORZA , puis les Prisonniers.
SFORZA, à Rocco.
Eli bien ! j’attends; l’heure est venue,
Voici l'instant de m’obéir.
Ton âme est-elle résolue.
Où songe-t-elle à me trahir?
ROCCO
Seigneur!
SFORZA
Réponds!
ROCCO
Que Dieu pardonne Au maître qui conduit mon bras ;
Oui, je ferai ce qu’on m’ordonne, •
Cette main ne faiblira pas!
Je n’ai tremblé devant personne,
J’ai vu la mort dans les comba’s.
Pourtant j'en fais l’aveu tout bas ,
Seigueur, je tremble et je frissonne.
SFORZA
Mon bras dans l’ombre te conduit;
Obéis-moi; je veux qu’il meure!
Que tout soit prêt. \a-t’en, c’est l’heure.
A part.
Moi, pour frapper, j’attends minuit.
Rocco faü signe aux prisonniers de rentrer dans leurs cachots* LE CHŒUR*
Adieu, derniers rayons du soir!
Clarté divine et pure!
SFORZA
Qu’ici tout cède à mon pouvoir!
Leur bouche en vain murmure!
ROCCO.'
Accomplissons notre devoir Sans plainte et sans murmure!
MARCELINE et STEFANO, à part.
11 fait maudire son pouvoir!
11 rit de leur torture!
FIDELIO ? à part.
J’ai mis en Dieu tout mon espoir!
Mon âme se rassure ! f
’ LE CHŒUR
Cruel tyran ! démon vomi par les enfers!
Un Dieu vengeur viendra briser nos fers !
SFORZA
N’espérez pas briser vos fers !
ROCCO, MARCELINE et STEFANO, à part.
Quel Dieu viendra briser leurs fers!
FIDELIO, à part.
Un Dieu viendra briser vos fers !