SCÈNE PREMIÈRE
GALÉAS, seul.
Il est à demi couché sur un banc de pierre.
N° 10. — Ain.
Non ! je n’espère plus! 6 supplice effroyable!
Je meurs dans l’ombre, seul, en 1 cet affreux séjour. Cœur sans pitié! Sforza! monstre implacable!
Mes yeux jamais ne reverront le jour!
U se lits.
O grandeurs! vaines ivresses!
Longs espoirs, rêves trompeurs.
C'en est fait de vos promesses;'
Il triomphe !... et moi, je meurs!
Mais parfois le traître envie Les douleurs de l’innocent;
Et j’apporte avec ma vie Un cœur pur au Tout-Puissant!
Vers toi, chère idole.
Mon âme s’envole.
Seul trésor de mon cœur!
Brillant d’espérance.
Dans l’ombre s’avance Ton front doux et vainqueur!
De l’époux qui t’appelle,
O compagne fidèle!
Pour la dernière fois.
Hélas! entends la voix!
Pauvre âme blessée,
Doux ange des cieux,
A toi ma pensée,
A toi mes adieux!
Suis-je le jouet d’un rêve! Je vois tondou\ visage se pencher vers moil Ta bouche murmure des paroles d’amour! Tonre-
f ;ard éclaire mes ténèbres!... Est-ce ton âme qui vient chercher a mienne?... Un nuage obscurcit ma vue! je me soutiens à peine!... 0 Dieu! si mon heure est venue, reçois-moi dans ton
Sein! Il se laisse tomber sur le banc de pierre et .'évanouit. Au bout d’un instant ta porte j’ouvre et livre passage à Ilocro et à Isabelle, portant une lanterne , une pioche et un • levier.