ACTE I, SCÈNE VI. ai
Nos guerriers dans les fers expiant leurs exploits ; Le caprice e'ievant et renversant les lois; Aux cris des factions la tribune livrée , La vertu sans asile, et dans Gène éplorée, Les plus vils citoyens, de bout sur des tombeaux, D'un pouvoir incertaiu s'arrachant les lambeaux. Je fuis une anarchie en malheurs si fertile , Et j'accepte un tyran , pour n'en pas avoir mille.
VERRINA
Adieu, Fiesque, Sortons, Génois!
Non , arrêtez , Amis, ne fuyez point ces jardins enchantés, Où des banquets joyeux l'ivresse vous réclame. A d'affligeans pensers, pourquoi livrer notre ame? Allons, cher Manfredi ! Toi , Fondi, suis mes pas ; A nos heureux transports ne vous dérobez pas. Verrina , je t'attends : d'une ingrate patrie Les maux ont trop pesé sur ton ame flétrie ; Crains de tenter pour elle un périlleux effort ! Viens partager nos jeux, et laisse faire au sort.