ACTE II , SCÈNE VIL /f
Il s'approche des Génois , et s'arrête auprès de chacun d'eux avec intérêt et affection.
Je sais, Lotliario , quels affronts vous pleurez : Votre e'pouse future à vos bras enlevée, Votr chaumière enfin.
LE GÉNOIS
Vos soins Font releve'e !
N'en parlons plus!1.. . et vous, Fiorelli, Ste'phano,
Infortune Bertram , Stella , Noldi , Sténo
On m'a dit les tourmens dont vous fûtes victimes; D'Octavio partout je retrouve les crimes.
LE PREMIER GÉNOIS
Amis, il sait nos noms!
Mes yeux veillent sur vous.
LE PREMIER GÉNOIS
Généreux bienfaiteur, Gène est à tes genoux; Vois son peuple adorant tes vertus, ton courage!
Craignez Octavio, n'éveillez pas sa rage. Nous n'avons plus de lois , et vous devez savoir Qu'après lui, Doria lui transmet son pouvoir, Votre sang et vos biens deviendront sa conquête, Et le bandeau ducal ceindra bientôt sa tète !
4<i FIESQUE.
LE PREMIER GÉNOIS
Non.
Qui peut supposer aux vœux de son orgueil ? Si Gène ranimée et sortant d'un long deuil, Rencontrait un vengeur, à son pays fidèle , Qui fût heureux de vaincre ou de périr pour elle; Sans doute par ses soins l'Etat serait sauvé; Mais existe-t-il?
LE PREIMIER GÉNOIS.
Oui, le peuple Ta trouvé!
Il est digne du trône , il sera notre maître ! Son nom
Fiesque, Génois, ne le veut point connaître! Allez : d'Octavio le soupçonneux courroux, Peut-être punirait mon dévoûment pour vous;
Il n'accueille jamais l'infortuné qui pleure
Quand le soir aux plaisirs livrera ma demeure , Venez à votre ami raconter vos revers , A tous les malheureux mes trésors sont ouverts, Qu'ils accourent, mes soins adouciront leur peine.
LE GÉNOIS
Fiesque est l'heureux sauveur, le seul espoir de Gène !