UN GÉNOIS
Nos malheurs sont au comble.
Hélas ! je les partage.
LE GÉNOIS
Du sénat et du peuple ignorez-vous l'outrage? De nos droits méconnus les nobles défenseurs, Ont osé résister aux vœux des oppresseurs , Ils ont été bannis de l'enceinte sacrée! Aux fureurs d'un tyran Gène entière est livrée!
Oui , mais de ces transports , de ces cris furieux , Enchaînez à ma voix l'essor audacieux:
Se peut-il? c'est à moi que s'adressent vos larmes? Croyez-vous donc que Fiesque ignore les alarmes ? Sous un pouvoir sans frein, comme vous incliné, Suis-je donc moins esclave et moins infortuné? Peut-être Octavio, que nui forfait n'arrête, Aux meurtriers demain aura livré ma tête !
LE GÉNOIS
Nous vous défendrons tous! c'est à lui de trembler.
Ah! du moins, puisse-t-il avant de m'immoler, Ne me pas enlever ma plus douce espérance! Oui , si je peux encor , soulageant leur souffrance, A mes concitoyens prodiguer mes secours, Avec moins de regrets j'abandonne mes jours !
LE GÉNOIS
Noble Fiesque !
FIESQUE s'approcbant de lui.
C'est vous qu'une aveugle furie Força naguère à fuir les champs de la patrie !
LE GÉNOIS étonné.
Mes maux vous sont connus !
Us seront réparés.