‹ FiesqueChapitre 34 sur 72 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

Nourrissant dans mon cœur une haine profonde , Seul , ferrais dans les lieux où la misère abonde , Et de Gène , à pas lents , j'atteignais les remparts ; Soudain j'entends du bruit, je vois de toutes parts De nombreux citoyens s'assembler en tumulte ; Ardens à prodiguer la menace et l'insulte, Les uns d'Octavio dénoncent l'attentat; D'autres parlent du peuple et des droits du sénat; Dans les cœurs irrite's la révolte fermente ; On marche, on s'interroge, et la fouie s'augmente; Et je vois s'y mêler ces hommes turbulens , Souvent de leurs travaux déserteurs insolens , Qui , couverts de haillons , à la misère en proie, Pour parer notre orgueil , tressent l'or et la soie ; Ils poussaient jusqu'au ciel des cris audacieux; J'accours!... d'un bienfaiteur qui se cache à nos yeux , Leur richesse d'un jour trahissait l'opulence ; Je m'attache à leurs pas , et j'écoute en silence; Leurs discours ont bientôt confirmé mon soupçon , Et leur reconnaissance a prononcé son nom.

VERRINA

Quel est-il?

FONDI

MANFREDI

FONDI

On le vante, on l'honore;

Ses bienfaits cachent-ils un projet que j'ignore ? Ou veut-il seulement , par de généreux soins , De ces infortunés prévenir les besoins!

Je ne sais , Verrina, mais de son assistance Vous avez , comme moi , reconnu L'importance ; Pour abattre un pouvoir qu'il est temps de punir, Il faut à nos complots le forcer de s'unir.

MANFREDI

Qu'il se déclare enfin!

VERRINA

Je Fat tends : voici l'heure Où sa jeune amitié visite ma demeure; Voyons s'il plaint les maux de ses concitoyens. Le voici : que vos yeux s'attachent sur les siens !

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