ACTE III, SCENE IV
VERRINA
Me consoler!.... Tu sais sans doute quels affronts Appellent notre haine et font rougir nos fronts? Tu sais, et ce qu'on ose, et ce qui reste à craindre.
Je le sais ! mais hëlas ! je ne puis que vous plaindre.
VERRINA
Outrager le se'nat, n'est-ce pas t'outrager?
En de pareils malheurs , que faire ?
MANFREDI
Nous venger !
Et comment ?
MANFREDI
Des Génois réveillons le courage.
Qu'en attends-tu ? Ce peuple a besoin d'esclavage ! Que serviraient, amis, d'imprudentes clameurs ? Au changement des temps il faut plier nos moeurs.
VERRINA
Pour la dernière fois , Fiesque , je t'interroge : Est-il vrai que, soumis aux caprices du Doge, Quand ce peuple est comblé de tes dons généreux , Tu trahis à jamais ses destins malheureux ?
Reponds : à ton nom seul il s'agite, il espère ,
Nous voulons le sauver !... Et toi, que veux-tu faire ?...
Tu ne me réponds pas!
MANFREDI
Qu'est-il besoin de lui?
Génois , c'est trop long-temps implorer son appui!... Du peuple, au sein des jeux, qu'il dédaigne les larmes, Le courage nous reste , et nous avons des armes !
VERRJNA.
Oui, Fiesque, c'en est fait, le mépris....
Le mépris !....
Insensés!.... Mais dis-moi, n'entends-tu pas des cris ? N'ont-ils pas retenti dans ton ame troublée ? Vois , une femme accourt , tremblante, échevelée , (Test ta fille !
Berta !