‹ FiesqueChapitre 38 sur 72 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

Ne prétendiez-vous pas , d'un regard indiscret , Percer le voile obscur qui couvre mon secret? Vous Posiez soulever !... et moi je le de'chire! Votre oisive fureur, ardente à les maudire , Des tyrans , à grands cris, conspire le trépas : Génois !... moi je les frappe, et ne les maudis pas!

VERRINA

Qui ? toi !

Vous avez cru que ma haine endormie, Des fers que nous portons acceptait l'infamie?... Vous qui des oppresseurs dénonciez les excès, Qu'a vez-vous fait contre eux?. .Vousparliez .'..j'agissais! Qu'ont produit vos discours, vos éternels murmures? Ont-ils délivré Gène et vengé nos injures ? En agitant vos fers , les avez-vous brisés ? Savez-vous quel destin vous menaçait ? Lisez !

II leur remet la liste de proscription. FONDE

Grand Dieu !

D'Octavio les soupçons sanguinaires Abandonnent vos jours aux poignards mercenaires ! Sur la liste homicide où vos noms sont tracés , Mon nom ne s'offre point à vos yeux courroucés! Vous gémissiez !.. et moi sur le bord de l'abîme , Avant de l'y pousser , j'aveuglais ma victime.

Flatteur d'Octavio , compagnon de ses jeux , J'endormais les soupçons d'un despote ombrageux ; Et si j'étais trahi, si quelque confidence Tentait sur mes projets d'éveiller sa prudence , Se fiant au plaisir qui suit partout mes pas, Le Doge sourirait et ne la croirait pas.

VERRINA

Presque !

Vous m'accusiez, ! et du milieu des fêtes , Seul , au glaive assassin je dérobais vos tètes ! Mais c'est peu que mon bras vous prêtât son appui, J'ai voulu sauver Gène et la sauve aujourd'hui !

VERRINA à part.

11 nous aurait trompes !

BERTA

Ma vengeance est certaine!

Livrés aux vains transports de votre aveugle haine, De mes succès futurs vous renversiez l'espoir, J'ai dû vous arrêter!... Vous allez tout savoir: Vous couriez au supplice et non à la vengeance. Entouré de soldats armés pour sa défense, L'oppresseur braverait votre imprudent effort : Ilangez-vous près de moi, je vous promets sa mort.

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