ACTE III, SCÈNE V
VERRIJNA.
Mes armes !...
FONDI l'arrêtant.
Malheureux!...
VERRINA
Ma famille outragée !...
Mon nom flétri !...
FONDI
Calmez cet affreux désespoir.
BERTA
Mon père !
VERRINA
Le barbare ! oui, j'ai dû le prévoir , Que des plus saintes lois son audace affranchie Attacherait l'opprobre à ma tête blanchie! Génois, vous le savez, j'ai vieilli dans les pleurs, Ma fille, seul appui qui reste à mes douleurs M'aidait à supporter le fardeau de la vie , A mes bras paternels sera~t-elle ravie ?.... Regardez!... son aspect semble vous glacer tous! Vous gémissez sur moi!.... Tremblez aussi pour vous ! Suffit-il aujourd'hui de clameurs passagères? Ma cause est maintenant celle de tous les pères ! C'est, la vôtre, Génois ! vous serez tous flétris! Contre un vil ravisseur est-il quelques abris ! Il souille nos foyers !,.. De ses complots infâmes Qui défendra vos sœurs , vos filles et vos femmes ?
6o FIESQUE.
Venez, rassemblez-vous autour de mon poignard, Et ne repoussez pas les larmes d'W vieillard! C'est un père outragé qui réclame vengeance !
BERTA
Nous l'obtiendrons! Génois, vous prendrez ma défense! Au sort d^n peuple entier mon sort vient de s'unir , Cessez donc de nVen plaindre, et songez à punir! Armez-vous! combattez!
VERRINA
Vous venez de Tentendre !
Pour frapper maintenant qui parlera d1attendrc? Ses pleurs accuseront vos timides délais !.... Doria règne encor!...
MANFREDI
Courons à son palais !
Traînons son corps sanglant aux pieds de sa victime , Amis!... honte éternelle au cœur pusillanime, Transfuge de la gloire au sein des voluptés ! Laissez-lui ses plaisirs et suivez-moi !
E1ESQUE , les arrêtant et se plaçant au milieu d'eux.
Restez !
FONDI
Comment !
Où vous égare une fougue insensée ?...
Ne vouliez-vous pas lire au fond de ma pensée ?