ACTE IV, SCÈNE IV
Que fais-tu , Léonor?
Que m'annonce , grand Dieu , ce timide langage ? Insensé' ! mon amour croyait à ton courage ! Dois-je m'en repentir ? Veux-tu que ton effroi De'nonce les projets que je livre à ta foi ? Non , non ! Qu'un noble orgueil s'empare de ton ame. Des festins et des jeux la pompe te réclame. Sois l'épouse de Fiesque... et que tes traits sereins Voilent à tous les yeux ta crainte et tes chagrins. Qu'ai-je fait? Je voulais au cœur qui me soupçonne, Pour payer ses douleurs , montrer une couronne : Imprudent !
LÉONOR
Que dis-tu ? Va , ne crains rien de moi; Ton épouse aujourd'hui sera digne de toi. Tu le veux? je saurai, tranquille au bruit des armes, Enchaîner ma terreur, commander à mes larmes; Malheureux ! tes complots ne seront pas trahis.
VERRINA entrant.
On vient , Léonor.
Il le faut, j'obéis :
Adieu , Fiesque , je vais où ton ordre m'envoie, La mort au fond du cœur, présider à la joie !
74 F1ESQUE.