ACTE V, SCÈNE VI
Va, ta prière est vaine :
J'ai me'dite' long-temps sur les besoins de Gène ; Son sort est de'cide'; je ^airne et je te plains.
VERRINA
Quoi ! rien ne peut changer tes funestes desseins !
Insensé' , que fais-tu ? Demeure , écoute encore ;
Pour la dernière fois ton vieil ami t'implore.
Hèlas ! Fiesque parjure et prêt à s'avilir
Laisse un vide en mon cœur que rien ne peut remplir.
Mais crois-moi, ton honneur m'est plus cher que ta vie;
Je ne verrai point Gène à tes lois asservie;
Demande-moi mon sang, il est à toi; je puis
Immoler tout à Fiesque , excepte mon pays.
Tu connais dès long-temps cette ame ardente et fîère;
Verrina, tu le sais, dédaignant la prière,
Devant aucun mortel ne ploya les genoux:
Il se jette à tes pieds; tu t'es armé pour nous;
Tu triomphes.... Je t'offre une gloire plus belle.
Le peuple me demande et le trône m'appelle.
VERRINA aux genoux de Fiesque.
Le trône !... Non , jamais.
Quoi ! tu reliens mes pas?
VERRINA
Le trône !
ioa FIESQUE.
Il m'appartient.
VERRINA se relevant et frappant Fiesque de son poignard.
Tu n'y monteras pas.
FIESQUE tombant.
Ciel !... C'est toi , Verrina , dont la main m'assassine ! On vient.... Fuis, malheureux, le sort qu'on te destine : Les Génois indignés vengeraient mon trépas....