‹ Fievre TyphoideChapitre 16 sur 109 · DES SÉDIMENTS · texte numérisé non relu

DES SÉDIMENTS

Les principes que j'ai rencontrés, soit associés, soit isolés, dans les dépôts urinaires de la fièvre typhoïde, sont les suivants, classés par ordre de fréquence dans chaque groupe :

i*' groupe, principes cristallins, minéraux bt oroani- QUES. — Phosphate ammoniaco-magnésien, urate d'ammoniaque, urate de soude, acide urique, indigose, pigment, masses cristalloïdes grenat paraissant dérivées de l'hémoglobine, oxalate de chaux.

2* groupe, éléments anatomiques et corps organisés. — Globules blancs, cylindres rénaux, globules rouges.

3® groupe, corps organiques amorphes. — Graisse, mucus.

i^ groupe, ferments. — Micrococcicsureœ{{), Pemcilkm glaucum^ une grande variété de vibrions^ parmi lesquels il faut citer V. Lineola, V. Tremulens, V. Bacillus,* etc.

Je vais étudier d'abord les sédiments en général, et considérés uniquement comme un des caractères physiques de l'urine, dans leur mode d'association, l'époque

(1) Ce nom a été donné au ferment ammoniacal de Turine par Cohn [Beitrage zur Biologie derPflanzen, II, p. 158, 18712). M. Pasteur et Van Tieghem qui l'ont découvert, l'appellent petite torulacée de l'urée.

de leur apparition, et leurs rapports avec les diverses périodes et formes de la maladie.

D'une manière générale, les dépôts urinaires sontassez fréquents dans la fièvre typhoïde, puisque 608 urines provenant de 40 observations ont donné 142 sédiments, soit 23,3 p. 100 (1). Ces chiffres bruts n'ont qu une valeur purement arithmétique, puisque sédiments et urines sont envisagés en bloc; néanmoins ils forment une moyenne qui peut servir de terme do comparaison avec les chiffres d'autres maladies.

Etudiés par rapport aux formes et à la gravité de la maladie, les sédiments se décomposent ainsi : . 1® Formes mortelles : 108 urines, 43 sédiments, = 39,8 p. 100 ;

• 2* Formes graves : 153 urines, 40 sédiments, = 26,1 p. 100 ;

3® Formes moyennes et bénignes : 347 urines, 59 sédiments, = 17 p. 100.

Ce résultat est assez remarquable. Il montre : 1° que les urines sont plus fréquemment sédimenteuses dans les CAS MORTELS quo dans ceux qui ont guéri: 2» que si Ton prend en bloc les urines des formes graves et moyennes, depuis l'entrée du malade à l'hôpital jusqu'à sa sortie, les sédiments ont été plus abondants dans les premières que dans les secondes.

Le dénombrement par périodes n'est pas moins intéressant, car il va préciser encore la deuxième proposition.

(1) Je ne prends dans mes observations que celles où Turine a été examinée tous les jours au microscope, afin d'avoir sur les proportions de chacun des éléments constituants , des chiffres qui soient en rapport avec le nombre des sédiments et des urines.

Albert Robin. 6

A. Formes graves, T* et 2* périodes : 74 urines, 9 se* diments, = 121p. 100.

3* période : 30 urines, 9 sédiments, =: 30 p. 100.

4* période : 49 urines, 22 sédiments, =46,9 p. 100.

Dans les formes aRAVBS et de LONaus durée, le nombre des sédiments augmente graduellement à mesure que la maladie évolue vers une terminaison heureuse, au point qu'à la convalescence, ce nombre est quatre fois plus élevé qu'à la période d*état. Les formes bénignes bt MOYENNES sout bien différentes :

B. Formes moyennes et bénignes : 1'* et 2® périodes : 129 urines, 21 sédiments, =16,2 p. 100,

3* période : 99 urines, 22 sédiments, = 22,2 p. 100.

4* période : 119 urines, 16 sédiments, = 13,4 p. 100.

D'abord, au lieu de s'accroître avec les périodes, le nombre des sédiments suit une marche précisément inverse, après avoir présenté une légère augmentation pendant les oscillation«i descendantes : puis ceux-ci sont plus abondants aux périodes d'état et d'augment qu'aux phases correspondantes dans les formes graves. Ces faits, ajoutés à ceux qui ont été relevés dans le chapitre des matériaux solides, nous seront plus tard d'un grand secours quandnous aborderons la physiologie pathologique de la maladie.

J'en viens au détail des principes constituant les dépôts.

A. Phosphate ammoniaco-magnésien.

Ces sédiments sont rares dans les cas mortels, à moins qu'ils ne proviennent d'une fermentation accidentelle de Turine recueillie dans un vase malpropre; ils appartien-

nent surtout aux PORMBSNOïrMORTBLLBS et anx périodes de déferv«8eence et de convalescenoe (1).

Leur abondance pendant ces périodes de la forme grave, est un fait fort curieux qui doit être rapproché de ce qui a été dit à propos des sédiments en général.

Dans la plupart des cas, leur présence est liée à la décomposition de l'urée (2), et leur sigTd/ication se <;onfond en partie avec celle que nous avons attribuée plui^ haut à Tétat ammoniacal; mais ceux qui se montrent en dehors de cette fermentation ammoniacale, aux périodes d'état et d'augment, et très-rarement dams les CAS MORTELS, reconnaissent une toute autre origine^ puisqu'ils coïncident avec une alcalinité fixe de l'urine, et qu'on les trouve parfois à l'émission du liquide, alors

(1) DU PHOSPHATE AMMONIACO-BiAGNéSIEM DANS LES SEDIMENTS^.

Sédiments, Urioas.

lo Formes mortelles. Ph. amm. mag. 11.5 sur 100 et 4,5 sur 100

— graves — 37,5 — 9,8 —

— mojenn«s — 38,8 — 5.7 — • Envisagé par périodes (sur 100 sédiments et sur 100 urines de cette

même période) :

Page 1