FORMES MOYENNES ET BÉNIGNE
1 re et 2« Périodes . 3« Période. 4« Période. Urines. Urines. Urines.
Acide urique très-augmenté dans 5,1 Z 3,9 Z ^«6 %
^ moins — 64,4 Z 43,5 Z 17,6 Z
— normal ou diminué — 30,5 Z 52,6 Z 76,8 X
druple de l'état normal; mais hors de là et de quelques phases critiques, les élévations les plus ordinaires vont difficilement au-dessus du double de la quantité normale.
L'acide urique est augmenté dans les deux tiers des urines des formes mortelles ; moins souvent dans les FORMES GRAVES ET BENIGNES, pour lesquelles on observe dans les moyennes une proportion décroissante.
Envisagé suivant les périodes, on voit, qu'en général, il augmente aux premières phases pour diminuer progressivement aux périodes consécutives; ses augmentations sont un peu plus fréquentes dans les formes moyennes, mais aussi ses diminutions pendant la défervescence et la convalescence de ces formes s'effectuent d'une manière à la fois plus rapide et plus prononcée.
Mais dans une même forme et dans une même période, l'acide urique subit des oscillations dont il importe de chercher la cause.
Voyons d'abord les cas mortels : dans les formes rénales ET ADYNAMIQUES, l'acide uriquc toujours plus ou moins augmenté, diminue aux approches de la mort; dans les formes thoraciques, le même fait a lieu, avec cette différence que les augmentations du début sont plus accentuées; on observe le contraire, c'est-à-dire, une quantité s'écartant peu de la normale pendant les premiers jours et une augmentation sensible à la fin de la vie , dans les FORMES ALGiDES ET ASPHVxiQUES. Euflu , Certaines complications comme la pneumonie, l'apoplexie pulmonaire, les hémorrhagies intestinales, la péricardite, déterminent aussi une élévation plus ou moins marquée.
Dans les cas qui ne se terminent pas par la mort, on
voit un peu pins {fréquemment que chez ceux-ci, de» augmentations qui atteignent parfois le quadruple de l'état normal, mais seulement au début, ou bien daus la période des oscillations continues et principalement dans les VABiÉTés graves, ataxiqubs et thokaciques.
On peut prendre comme règle que dans les cas motbns, Tacide urique diminue quand survient la polyurie, de façon qu'on pourra le rencontrer encore, à la pleine convalescence des malades qui n'ont pas présenté cette polyurie du déclin.
La disparition de la diarrhée et des sueurs, Tapparition d'une complication pulmonaire, d'une hémorrhagie intestinale abondante, sont les seules influences qui m^ont paru faire augmenter un peu la quantité de Tacide urique.
Au sujet de sa diminution, Tinfluence des périodes est la seule qui soit hors dé doute : néanmoins, dans deux cas, j'ai vu une abondante éruption miliaire rouge coïncider avec nn abaissement très-sensible de la quantité d'acide urique*
Je n'ai rien noté de spécial au sujet de la reprise de r ALIMENTATION j m^is il mc reste à signaler que l'élévation subite de l'acide dans le cours de la convalescence, si elle s'accompagne d'une reprise du mouvement fébrile, possède, tout à fait au début de cette recrudescence, une certaine valeur diagnostique de la RévERSioN, valeur qui peut s'associer aux indications fournies par la marche de la température. L'acide urique subit les mêmes variations dans la rechuteque dans les fièvres primordiales, c'est-à-dire que son abondance est, ordinairement, en rapport direct avec l'intensité de la rechute. Toutes
ces données sont confirmatives de ce qni a été dit plus haut au sujet des sédiments uratiques.
7^ MATIÈRES BXTRACTIVBS.
Les matières organiques contenues dans les urines morbides, doivent être divisées en trois classes 1" Principes non comburési albumine, graisse, sucre; 2^ Principes comburés : urée, acide urique ; S"* Matières extractives. Sous ce chef, on range tous les principes organiques qui ne sont pas compris dans les classes précédentes ; ils sont azotés ou non azotés, selon qu'ils proviennent de la destruction des éléments quaternaires ou ternaires de l'organisme» Leur importance est capitale et doit forcément entrer en ligne de compte dans l'appréciation du taux de la désintégration organique qui, nous l'avons vu, se chiffre non pas seulement par l'acide urique et l'urée, mais bien par la somme de tous les matériaux carbonés ou azotés que renferme l'urine (!)•
Schottin est un des premiers auteurs qui ait attiré l'attention sur l'importance des matières extractives dans l'urine de la fièvre typhoïde ; il a constaté par de nombreuses analyses que la créatinine, qui peut être considérée comme le type des extractifs, augmente dans le cours du deuxième septénaire et n'arrive à son maximum que vers la troisième et la quatrième semaine de la ma-
(1) Dans l'urine normale la quantité totale des extractifs serait pour Becquerel de 10 à 11 gr.; pour Beale, de 8 à 12 gr.; pour Hepp, de 10 à 13. Ces derniers chiffres sont ceux que j'ai adoptés, après confirmation expérimentale.
ladie. Le tableau suivant est extrait de l'une de ses observations :
6°® jour, traces de créatinine.
urne Ogr. 21.
Schottin a trouvé cet extractif non-seulement dans Turine, mais encore dans le tissu musculaire et dans les exsudats qui en sont, d'après lui, fortement charg-és; enfin, il a observé que dans certains cas, l'augmentation exagérée de la créatinine dans Turine s'était produite au moment de la disparition des phénomènes morbides graves (1).
Quelques années plus tard, Chalvet, dans un travail tout à fait remarquable, insista encore sur l'importance des matières extractives et généralisa leur étude. Enfin, M. Hoepffner, dans sa thèse, a récemment apporté des faits bien analysés, où il cherche à mettre en pleine lu mière le rôle de ces principes, (2) en comparant leur pro-
(1) L'existence de cette grande quantité de créatinine doit être rapprochée des altérations musculaires de Zenker. On sait que la créatine et la créatinine sont des produits du dédoublement de la myosine.
(2) Parmi les travaux qui ont été faits sur les matières extractives, je ne cite que ceux qui ont le plus spécialement trait à mon sujet. On en trouvera la liste à peu près complète à la Bibliographie placée à la fin de ce mémoire.
portion à celle de l'urée et à celle dès extractifs contenus dans le sang (1).
L'étude des variations des matières extractives ne jiénétrera pas dans le domaine clinique, tant que nous ne posséderons point un moyen simple et rapide pour effectuer leur dosage; en outre, leurs oscillations doivent toujours être comparées à celles de Turée, si Ton veut avoir des notions certaines sur l'état de la dénutrition organique ; pourtant, les enseignements qu'elles fournissent sont trop importants pour qu'on ne passe pas par dessus ces difficultés de détail.
On peut poser cette première règle : que dans la période d'état, les matières extractives sont toujours augmentées et qu'elles sont avec l'urée dans des rapports presque toujours inverses : plus il y a d'urée, moins il y a d'extractifs dans l'urine et réciproquement. Dans les CAS MORTBLS OÙ l'uréc diminue habituellement et dans de
grandes proportions, les extractifs augmentent, mais en dépassant rarement lus chiffres de 20 à 25 gr. dans les 24 heures. Dans les autres cas, leur taux peut s'élever jusqu'à 35 gr. si l'urée est peu abondante, mais les moyennes générales de la période d'état, doivent être fixées à 23,50, ce qui constitue encore une grande augmentation sur l'état normal. Aux périodes suivantes, elles diminuent et tendent à se rapprocher des chiffres habi-
(1) Les extractifs les plus importants sont : la créatine, la créatinine, l'acide hippurique, l'acide succinique, les acides odorants étudiés par Staedler (damolique, damalurique, taurylique, phénique), Tacide lactique et les lactates, rallantoine, Tacide butyrique* la leucine, la tyrosine, la xantbine, Thypoxanthine, la cystine, la guanine, les acides gras, les savons, les matières colorantes, les chromatogènes, Tinosite, etc.
tuelfl qu'elles atteignent à la coiivalesoenoa, elles s'abaissent ensuite au-dessous du taux normal jusqu'à la reprise de l'alimentation. Quand les principes solides augmentent dans oes périodes prémonitoires que j'ai établiesi aux approches de la défervescence et de la convaleacence, l'excès est principalement formé de matières extractives ce qui confirme les faits obseryés déjà par Schottin; et comme l'avait aussi constaté M. Hoepffher (1), j'ai trouvé dans trois observations, que la diminution des extraclifs de Turine pendant la période d'état, coïncidait ou bien avec une augmentation de l'urée, ou bien avec une augmentation des extractifs contenus dans le sang : dans le premier cas, il y avait une grande amélioration dans les symptômes; dans le second, on voyait au contraire, une aggravation toujours assez manifeste. Enfin la défervescence et la convalescence des cas graves s'accompagnent toujours d'une plus grande élimination des extractifs que les mêmes périodes dans les cas bénins (2). On voit que ces faits, réunis à tous ceux qui ont été étudiés déjà, à
(1) M. HoEPFFNER rapporte dans ^a thèse six dosages de matières ex* tractives dans le sang des typfaiques. Voici les chiffres :
Jour» Matière extraite* 1® Forme grave adjnamique longue : 9* 7
— 28« 10 gr.
2* Forme consécutive à un ictère catarrhal 9® 9,60
3® — thoracique bénigne : 9® 4,26
40 ^ mortelle : 9* 6.70
Soit une moyenne de 7 gr. 51 au lieu de 5 gr. proportion normale. Je n^ai que 4 dosages effectués, il est vrai, sur des quantités minimes de sang; les chiffres sont 11,50, —10,22, — 7,80, — 6,50, La moyenne, 9 grammes, est un peu plus élevée que celle de M. Hoepffner.
(2) Voir un excellent résumé de M. Armand Gautier sur la valeur clinique des matières extractives. — Traité de chimie appliquée, t. H, p. 370.
pjopos de l'excrétion des principes solides et des sédiments, constituent un ensemble assez complet, dont j'essaierai de chercher les conséquences au chapitre de la pathogénie.
L'acide salicylique jouit de la propriété d'augmen<ter la somme des extractifs : cela n'est pas difficile à comprendre ; il passe dans Turine à l'état d'acide salicylurique^ en fixant dans l'économie des principes azotés dont il facilite ainsi T élimination en les rendant plus solubles. Dans un organisme en pleine désintégration, il est rationnel de penser qu'il se combine plutôt avec les produits azotés déjà libres qu'avec ceux qui font encore partie intégrante de la trame des tissus ; la thérapeutique pourra donc bénéficier de cette propriété nouvelle.