‹ Fievre TyphoideChapitre 22 sur 109 · ALBUMINE · texte numérisé non relu

ALBUMINE

La question de l'albuminurie dans la fièvre typhoïde n'est plus controversée depuis les faits si nombreux qui ont été recueillis par mon maître M. Gubler. Voici comment s'exprime le savant professeur : « L'albumine constitue l'un des phénomènes les plus constants de cette af--

(1) Les transformations éprouvées dans Téconomie parla salicine, la saligénine et Tacide salicyUque,ont été étudiées depuis longtemps (Ber^ TAGNiNi). La salicine passe dans Turine à Têtat d*acides salicylique,sa* licjlurique, de saligénine et d*hydrure de salicjLe. La saligénine et Tacide salicylique passent sous forme d'acides salicylique et salicylurique. Ce dernier est un homologue de Taclde hippurique. Je rappellerai que dans un travail publié en collaboration avec M. le professeur GossEXJN en 1874, avant que parussent les premières recherches Me^ mandes, nous avions indiqué déjà Faction de Tacide salicylique sur lea urines ammoniacales*

fection multiforme, attendu que sur plusieurs centaines de cas qui sont passés sous mes yeux depuis quinze ans, je

ne Tai jamais trouvé en défaut L'albuminurie n'existe

pas indifféremment à toutes les périodes de la fièvre

continue Si, dans les premiers jours de la maladie,

elle est un symptôme aléatoire, elle devient plus tard, dans le deuxième septénaire, un symptôme obligé de la dothiénentérie, et son intensité est proportionnelle à celle de la fièvre et des localisations morbides sur les grands appareils ». M. Gubler a décrit, en outre, une variété spéciale d'albuminurie survenant dans la convalescence de la maladie et à laquelle il a donné le nom d'albuminurie coUiquative (1).

L'albumine est dans la plupart des cas en assez faible proportion pour que la chaleur et l'acide nitrique combinés, les divers réactifs plus ou moins sensibles de Mébu, Tanret, etc., ne la décèlent pas; il est donc indispensable d'user exclusivement du procédé de M. Gubler qui consiste à verser lentement de l'acide nitrique le long de la paroi du verre qui contient l'urine, et lorsque le mélange d'acide et d'urine occupe les trois cinquièmes du vase, de regarder par transparence et sur un fond noir, s'il se produit un diaphragme opalin, blanc grisâtre, à limite inférieure quelque peu diffuse, mais à bord supérieurnetetséparé,parune couche d'urine transparente, d'une légère hostie d'acide urique. Le plus ou moins de

(1) Cette variété d*albumi ne a été notée aussi par M. Gubler dans la convalescence de plusieurs maladies aiguës; les urines entraînent alors et d'une façon continue, une quantité souvent considérable d'à!' bumine, et les forces ne reviennent pas pendant tout le temps que cette dénutrition exagérée se produit. Voyez sur ce sujet: A. Gubler. Mémoire sur les paralysies amyotrophiques. (Gazette médicale^ 1861).

sensibilité des moyens employés ordinairement par les cliniciens pour reconnaître l'albumine, est sans doute la cause des divergences si grandes qui séparent les auteurs qui ont écrit sur ce sujet. Les uns, avec Murchison (1), veulent que ce principe n'apparaisse jamais avant le 16' jour; d'autres avec Finger et Kerchensteiner (2) pensent qu'il n'existe que dans les cas trèsgraves ; Griesinger ne Ta trouvé que dans un tiers des cas ; il serait pour lui plus abondant dans les cas graves, mais ordinairement, Talbuminurie ne se produirait que d'une manière passagère et pendant quelques jours; sa première apparition aurait lieu pour la majorité des ob*» servations, dans la 2' semaine, souvent même dans la première {Des maladies infectieuses^ p. 277) (3).

Voilà donc un premier point bien établi : l'albuminurie est constante dans la fièvre typhoïde ; reste à sa-

(1) Murchison a relevé 549 cas de fièvre typhoïde (pris dans les auteurs) ; Talbuminurie aurait été trouvée 157 fois, soit 28,6 0/0.

(2) Cas relevés à la clinique de Pfeuffer : albumine dans un quart des cas graves,

(3) On trouvera à Tindex bibliographique le nom des auteurs qui ont noté l'existence de Talbumine dans la fièvre continue. Je ne rappelerai ici que les plus importants :

Becquerel. Sur 38 cas, n*en a trouvé que 8 fois ; sauf dans deux cas mortels où elle fut continue dans les huit derniers jours de la vie, elle a toujours été passagère.

Andral. Sur 34 cas, n*a constaté qu'une fois, et d'une manière très-passagère la présence d'un peu d'albumine.

Abeille. L'albuminurie existe dans un 8* des cas, elle débute du 8* au 24* jour, son maximum de durée est de 12 jours, son minimum de 1 jour, sa moyenne de 4 jours.

Avec Begbie, il donne le nom de critique à l'albuminurie qui survient du 14* au 24* jour.

Martin Solon a trouvé qu'elle était fréquente mais passagère, et que son abondance aggravait le pronostic.

W. Edwards, au contraire, dit que dans la fièvre typhoïde l'albu- Albert Robin. 8

voir si, à la valeur clinique indiscutable que lui donne cette constance, il ne serait pas possible de joindre quelques faits résultant des circonstances diverses de son apparition, de son évolution et de sa disparition. Mais avant d'exposer mes recherches sur ce sujet, je crois utile de dire dès à présent, que Talbumine urinaire de la fièvre typhoïde n'est pas toujours semblable à ellemême, et je ne serais pas éloigné d'admettre que celle que Ton trouve tout à fait an début de la maladie, doit être rapprochée plutôt du groupe des albuminoses ; au contraire, Talbumine plus abondante du deuxième septénaire et celle que l'on décèle en si grande quantité dans la plupart des cas mortels, ont une grande ressemblance avec l'albumine du sérum sanguin (Serine de Denis) (1).

mine est rare, tandis que dans le typhus elle apparaît avec une certaine constance du 6^ au 13* jour, et disparait du 14* au 18° jour.

Si Ton veut compléter cette liste, on lira avec fruit, le passage consacré à Talbuminurie typhoïde par M. Jaccoud, dans son article du ouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques. t.l®''p.550.

M. Jaccoud relevant les cas de Biattler, Martin Solon, Parkes, Becquerel, Finger, Friedreich, a trouvé 93 fois l'albumine sur 282 malades, soit 32,97 0/0.

(1) J'ai, sur ce fait, plusieurs observations assez concluantes, mais je n'ai pu réunir encore une assez grande quantité de ces albumines pour fixer définitivement les caractères chimiques qui les spécialisent. D'ailleurs, on sait depuis longtemps que l'albumine contenue dans l'urine, offre des variétés nombreuses:

IcERY (Thèse inaugurale, 1854). — Pavy {The Lancet, 1863). — Terreil (Gaz, des hôp,, 1863), ont différencié l'albumine de la maadie de Bright, de Talbumine de Turine chez les femmes enceintes ; Lehmann et Edlessen (ce dernier dans 31 cas) , ont trouvé dans l'urine, un albuminolde ayant tous les caractères de la globuline (précipitée à froid par CO"; précipité soluble dans Nacl, HCl, etc.). — Ch. Robin, Ackermann, ont constaté l'existence delà fibrine. — Bence Jones (Ann, de chim. et depharm,, t. LXVII, p. 97) a rencontré dans les urines des ostéomalaciques, un albuminolde semblable à la lacto-

L'abondance de Talbumme décroît avec la gravité des cas : il en est de même dans les formes qui guérissent, et les albumines y décroissent en outre avec les périodes, sauf cette restriction que dans les formes graves, il existe, en bloc, une augmentation assez sensible penrdant la période de défervescence et qu'à la pbase de convalescence, l'albumine persiste pendant un temps beaucoup plus long que lorsqu'il s'agit de formes plus bénignes (1),

protéine de Millon et Commaille. — Masig croit avoir vu la paralbumine (hydxopisine de Cb. Robin). — G. Gerhardt (Deutsch, Arch. fur klin, Med. Bd YyHft» 2) a signalé un principe analogue aux peptones ; — Enfin M. A. Gautier croit que certaines concentrations des sels de sérum peuvent aider Texosmose des principes normalement contenus dans le sang, tels que la caséine et les peptones. Toutes ces recherches offrent le plus grand intérêt, ce sont elles qui m'ont inspiré l'idée d'étudier la constitution chimique de l'albumine de la fièvre typhoïde et grâce aux méthodes célèbres de Denis (de Commercy), à celles de Commailie (Moniteur acientifiguey 1868), moins connues et pourtant d'une entière exactitude, ces travaux n'offrent plu6 aujourd'hui les difficultés d'autrefois.

(1) Ce tableau montre les variations de l'albumine et complète l'exposé ci-dessus.

Albuminurie typhoïde (Envisagée dans les différentes formes) : toutes les urines étant prises en bloc, sans distinction des cas :

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