‹ Fievre TyphoideChapitre 5 sur 109 · C. H. Az. O. S. Fe · texte numérisé non relu

C. H. Az. O. S. Fe

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(Hoppe Zeyler), Hêmatoldine. . . 65.05 6.37 9.51 » (Ch. Robin et Riche).

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vraisemblablement un principe particulier, mais l'hémaphéine possède avec Turochrome de si grandes analogies dans ses réactions, qu*on est tenté de se demander si les deux pigments ne constituent pas un seul et même composé : Thémapliéine ne serait alors que Turochrome excrétée en proportion tout à fait exagérée. Je ne veux pas anticiper sur la démonstration expérimentale possible de Torigiae de ces matériaux; je ferai seulement ob* server, après M. Gubler,îqu'au point de vue clinique^ ce ce sont les pigment» de Y hisuffisance hépatique. Us apparaissent dans les conditions suivantes : ou bien une des-' truciion de globules rouges ^ trop considérable pour que le foie puisse opérer la -transformation de leur matière colorante en pigment biliaire, ou bien une insuffisance absolue des cellules hépatiques, qui sont incapables d'utiliser la matière colorante des globules normalement détruits : Thémaphéine ressortirait à la première condi* tion, Turoérythrine se montrerait plutôt sous l'influence de la seconde.

Les états pathologiques dans lesquels ces deux conditions se rencontrent simultanément ou isolément, sont fort nombreux. Je citerai pour mémoire : la pneumonie^ la fièvre palustre^ Yérysipéle de la face^ la courbature^ la cirrhose^ le carcinome du foie, etc.

Jndican et Urohématinb. — Il est démontré aujourd'hui que les matières albuminoïdes sont, d'une manière générale, la source de l'indican. Deux théories principales sont en présence pour expliquer la genèse de cette substance.

Selon M. Gubler. le bleu des urines se place natu-

reliement dans la série des matières colorantes, qui commence au tournesol pour finir à l'indigo et il doit se placer, après cette dernière, comme étant de toutes, la plus réfractaire à l'action des agents de destruction, puisqu'elle résiste à Tozone et à Tacide nitrique nitreux : « C'est , dit-il encore , une de ces substances sériaires dont les différents termes, comme la pectine, la pectose et la pectase ne diffèrent que par des nuances de composition élémentaire ou d'état moléculaire. Elle est la caractéristique des fièvres de mauvaise nature où la combustion respiratoire paraît amoindrie , malgré l'élévation de la température : dans ces circonstances, comme les déchets albuminoïdes de l'oi^ganisme sont augmentés, ils rie peuvent évoluer en urée, faute d'oxygène et passent dans l'urine à l'état d'albumine, d'albuminose et d'^indican : celui-ci ne serait donc que de l'albumine à peine brûlée, dont le carbone serait presqu'intact, mais qui aurait toutefois fixé sur son hydrogène, assez d'oxygène pour devenir dyalisable. »

Selon d'autres auteurs, Kuhne, Nencki, Salkowski, Masson, le bleu (indigose qui provient de rindican)est analogue à l'indigo végétal, car il donne comme celui-ci, de l'isatine par oxydation, de l'oxindol et du dioxindol par réduction. 11 trouve son origine dans Tlndol : celuici est un produit de la digestion des matières albuminoïdes, soit par le sucre pancréatique (Kuhne), soit plutôt par le mélange des sucs intestinaux, surtout quand ils sont chargés de micrococôus et de bactéries (Nencki). L'Indol ainsi formé est résorbé en partie (1), il pénètre

(1) Oa trouve toujours de Vindol dans les matières fécales

dans le courant circulatoire où il s'unit probablement à une substance du groupe des sucres, pour constituer rindican (1) qui passe dans T urine.

Il est fort probable que chacune de ces théories est vraie et que Tindican provient de ces diverses sources, mais rhypothèse allemande qui attribue à ce chromatogène, une origine exclusivement intestinale est évi* demment exagérée : l'indican, en effet, est fort abondant dans toutes les diarrhées, ce qui est contraire à Tidée d'un courant osmotique entraînant Pindol intestinal, de la cavité de cet organe vers le courant circulatoire : en outre, si la condition qui, d'après Nencki, favorise surtout la formation de Tindol, c'est-à-dire, la présence de micrococcus dans le tube digestif, si cette condition, dis-je, est l'expression do la vérité, comment expliquer que rindican augmente dans l'urine après l'administration de l'acide salicylique (2) qui, comme on le sait, est un antiseptique et doit détruire tout ou partie des ferments producteurs de l'indol.

Il résulte de tout cela, que Findican peut avoir plusieurs modes de genèse, qu'il provient d'une désassimilation intra- organique exagérée avec oxydation imparfaite ou d'une manière d'être spéciale de quelques-uns des phénomènes digestifs qui se passent dans l'intestin,

(1) En s appuyant sur les expériences de Schultzer, de Naunyn et sur ses propres^ recherches, E. Baumann considère rindican comme ua acide sulfococjuguê contenant de Tindol.

(i) J*ai constaté cette augmentation du bleu après Tadministratioa de Tacide salicylique, mais mes recherches n'ont porté que sur la fié» \re typhoïde (Albert Robin, Société de biologie, 1877). Cette remarque avait été déjà faite par WoUfberg; Jaffé dit, au contraire, n'avoir jamais rien vu de pareil.

mais qu'en réalité, il ne reconnaît qu'une origine : ce sont toutes les matières albuminoïdes de l'économie, y compris l'hémoglobine.

Il apparaît cliniqu^ement dans six circonstances principales :

1^ Quand la portion sous-diaphragmatique du tube digestif est intéressée, non pas d'une manière quel-conque, mais avec participation du système nerveux ganglionnaire abdominal ;

2^ Quand les déchets organiques sont trop considérables pour la quantité de l'oxygène en circulation : un des caractères de cet état se trouve dans la tendance au refroidissement des parties découvertes chez les malades dont ia température s'élève à un très haut degré (Gubler);

3"" Dans plusieurs affections hépatiques chroniques dont le carcinome est le type ;

4^ Dans les affections médullaires (1), l'épuisement nerveux^ excès de coït, onanisme^ etc.);

S'' Dans la maladie bronzée (Bosenstirn) ;

&" Dans des circonstances diverses, telles que Tingestion de substances aromatiques (Kletzinsky, Wolliberg, etc.)*

L'ïirohémAtinb ou chromatogène du rouge paraît n'être qu'une modification très -rapprochée de l'indican. Elle est encore mal connue au point de vue chimique. Hariey, qui l'a un peu étudiée, y a déterminé

(1) Je n'ai pas d'expérience personnelle assez complète sur l'urine dans Us affections médullaires pour affirmer la réalité de ia présence de l'indican, je ne donne donc le fait que d'après l'opinion de Neubauer et Vogcl,

Texistence du fer. Je l'isole en traitant Turine par le chloroforme : ce dissolvant ne change pas de couleur, mais si après un long repos, on le décante et si on Tadditionne alors d'une goutte d'acide chlorhydrique, il se produit une magnifique teinte rose de Chine ou rouge hyacinUie^ selon la quantité du chromatogène en dissolution.

C Uniquement^ on la rencontre dans Y anémie rapide^ la tuberculose miliaire aiguë , Ja fièvre intermittente , Vérysipèle de la face^ la néphrite interstitielle et dans toutes les maladies qui détruisent rapidement les globules sanguins.

Ces deux chromatogènes principaux de l'urine (indican, urohématine) dédoublés ]9ar les acides^ donnent donc Tun, du bleu, l'autre du rouge; ce dédoublement s'accomplit quelquefois spontanément : c'est lorsque l'urine subit une de ses fermentations habituelles (ammo* niacale, putride, acide, etc.), soit dans Tintérieur des canaux urinaires, soit dans un vase exposé à l'air; plusieurs circonstances produisent encore cette dissociation, mais la décomposition de l'urée est la seule dont on soit absolument certain (1). Il se passe là, relativement aux actions réciproques des chromatogènes et du carbonate d'ammoniaque, quelque chose d'analogue à ce

(1) Le dédoublement s'effectue aussi en dehors de la décomposition ammoniacale sur des urines placées dans un de ces ballons à col contourné qu'emploie M. Pasteur pour étudier la fermentation, et dans lesquels la matière putrescible se trouve en contact avec un air com« plètement dépouillé de germes. J'ai eu occasion de le constater récemment encore sur des urines de cheval pâles mais riches en urohématine, dont M. le professeur H. Bouley m'avait confié l'analyse. L'oxygène de l'air parait avoir été, dans ce cas, l'agent actif du dédoublement.

qui se produit dans la fabrication de l'orseille : d'ailleurs, il est à remarquer que les urines qui donnent le plus facilement du bleu spontané, sont aussi celles qui contiennent le plus de matières albuminoïdes (urines albumineuses, purulentes, etc.).

Ces transformations sont faciles à vériQer par l'expérience suivante : on remplit un flacon bouché à Témeri d'une urine fortement ckargée de chromatogènes (diarrhées chroniques^ embarras gastrique fébrile, etc.) et Ton ajoute une petite quantité du ferment ammoniacal, découvert par M. Pasteur. Après quelques jours, l'urine s'est foncée en couleur, les parois du verre ont pris des tons irisés et un dépôt plus ou moins abondant s'est précipité ; ce dépôt est constitué par deux couches : l'inférieure, plus épaisse, blanc jaunâtre, est du phosphate ammoniaco magnésien ; la supérieure forme une zone mince d'un bleu violacé quand on la regarde par réflexion ; décantée et agitée avec de l'éther, elle le colore en bleu. Quant à l'urine surnageante, elle colore en rouge le chloroforme ou l'éther; d'autre part, traitée par les acides, cette urine ne donne plus de bleu. Voilà ce qui s'est passé :, L'indican et Turohématine ont été dédoublés sous Tinfluence de la fermentation, en deux composés : en indigose et en rouge d'une part et d'autre part, en un corps incolore et soluble que Schunck appelle indiglucine et qu'il rapproche des glucosides. L'indigose s'est déposé au fond du flacon ; le rouge, plus so* lubie, est resté en dissolution dans le liquide (1).

(1) Une fermentation prolongée peut faire disparaître le bleu, d'après la réaction suivante observée par Schunck :

C8H»AzO + 5H«0 = C«Hl»Az02 + CH202 + C02.

Indigose. Leucine. Acide fermique.

C'est à cette indigose et à ce rouge obtenus par dédoublement spontané et visibles dès l'émission de Turine^que Ton avait donné à tort les noms particuliers de uroglauçine et urrhodme.

C Uniquement^ on les rencontre dans les cas où une urine chargée d'indican ou d'urohématine aura fermenté dans ses canaux vecteurs, surtout si cette urine est albumineuse ou purulente (cystite ammoniacale, abcès des reins, suppuration d'un département quelconque des voies urinaires). Leur présence est, en réalité, assez rare.

Il ne faut pas confondre avec l'indigose la cyanourine de Braconnot, aue j'ai retrouvée récemment, non plus que certains dépôts bleuâtres fort rares, qui sont formés par des amas de ferments végétaux. Ces matières colorantes sont insolubles dans l'éther et dans le chloroforme; elles ne cristallisent pas ; la première, en outre, rougit et se dissout dans Tacide chlorhydrique ; l'ammoniaque la précipite de ses solutions acides sous l'aspect d'une poudre bleue amorphe.

Ce cadre général est, comme on le voit, fondé principalement sur l'observation clinique. Malgré ses imperfections et ses desiderata, je vais l'employer à mettre en lumière quelques faits dont l'explication scientifique est souvent encore douteuse, mais j'espère que la lecture du chapitre suivant lèvera les doutes que Ton concevrait sur leur importance diagnostique et pronostique.

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