Uràèrythrine. — Très-fréquente, mais non constante
Les teintes ambrées avec tendance à rhémaphéisme, les dédiments d*urates de soude, peu abondants et fréquem* ment rosaciques, le maintien d^s phosphates terreux à rétat normal, la très-grande fréquence de Tindican, de l'hémaphéine et de Furoérythrine ; tels sont les points qui séparent ce syndrome de celui de la fièvre herpétique. Ces différences elles-mêmes deviennent autant de caractères, distinctifs au point de vue du diagnostic de la fièvre typhoïde.
Dans des circonstances rares, quand les symptômes typhoïdes sont très -intenses , le syndrome précédent n'apparaît pas dans toute sa netteté, et ses caractères sont voilés par Tadjonction de certains des caractères de Turine typhoïde; mais, même dans ces cas, il manque
(1) Becquerel a vu deux fois dé Talbumine chez 12 malades, atteints d^embarras gastrique : l'albamine fut transitoire et ne dura qu'un seul jour.
au tableau quelques traits sur lesquels on pourra s'appuyer pour chasser les doutes. En voici un exemple. Une femme de 32 ans est prise d'accidents ayant une certaine ressemblance avec la fièvre typhoïde (céphalalgie, malaise général, insomnie, épistaxis, diarrhée, etc.); elle est examinée au sixième jour de la maladie; son faciès exprime la stupeur, son ventre est ballonné ; sa langue est un peu sèche et rouge sur les bords ; la rate n*est point augmentée de volume ; mais la température est à 38,7-39,2. L'urine a la teinte de bouillon qu'elle prend dans la fièvre typhoïde, son odeur est fade; elle laisse déposer un sédiment floconneux, formé de débris épithéliaux et d'une petite quantité de graisse; Tacide urique est augmenté d'un tiers environ; les phosphates terreux sont diminués; l'indican est considérable, l'hémaphéine et l'uroérythrine sont absentes; les sulfates sont augmentés; bref, du côté des signes cliniques habituels, et du côté des urines, la similitude est grande : mais cette urine ne contient pas trace d'albumine, Turohématine y est augmentée et sa densité s'élève à 4028, quoique la quantité ne soit point trop abaissée (1000 ce). Comme il est rare : 1" que l'urine d'une fièvre typhoïde ne contienne pas d'albumine et renferme une augmén* tation d'urohématine ; 2° que les malades ne présentent pas déjà une augmentation de la raté au sixième jour; nous restons dans le doute, et le diagnostic demeure en suspens ; le septième jour, toujours pas d'albumine et l'urohématine augmente encore : les symptômes précités ne changent pas ; la température est à 38,5 — 38,9; le diagnostic fièvre typhoïde devient de plus en plus improbable, et Ton penche du côté de l'embarras gas-
trique. Le huitième jour, on administre un éméto-cathartique; le neuvième jour, il y a défervescence complète et le douzième jour, la malade part pour le Yésinet.
Les cas de cette nature sont peu fréquents, mais il faut être en garde contre eux et bien discerner parmi tous les éléments du syndrome quels sont ceux dont rimportance prime les autres, au point de vue du diagnostic.