‹ Fievre TyphoideChapitre 89 sur 109 · AFFECTIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DIVERSES

M. Gubler m'a raconté le cas d'une vaginite aiguë^ qui s' était accompagnée de symptômes typhoïdes si accentués que Terreur de diagnostic avait été commise. M. Gubler, examinant Turine, affirma qu'il n'y avait point là de fièvre typhoïde, ce qui fut confirmé par un examen plus attentif de la malade.

Pour être complet, je devrais envisager tous les faits analogues et tenter de leur constituer des syndromes ; mais ce serait allonger inutilement ce mémoire, caries symptômes typhoïdes n'interviennent, dans ces cas, qu'à titre d'épiphénomènes dont l'accentuation^ si large

qu'elle soit, masque difficilement raffection protopathique. (1) Je rapporterai seulement deux autres faits dans lesquels le diagnostic fut en suspens et où Texamen de l'urine vint confirmer les résultats de Texploration clinique et faire repousser l'existence de la fièvre typhoïde .

1* Résorption v/rineu$e chez un homme atteint Ae cystite ammoniacale et de néphrite eatarrhaie .

Le malade qui fait le sujet de cette observation est plongé dans la stupeur ; il a une épistaxis au moment où on l'examine ; ses réponses sont lentes et embarrassées, son faciès est très-abattu ; il se plaint d'une vive céphalalgie, de rêvasseries et de bourdonnements d'oreilles ; l'ouie est très- affaiblie ; la langue tremble, elle est rouge et sèche; les facultés intellectuelles sont très-déprimées ; le ventre est douloureux, surtout au-dessous de Tombilic ; il y a un peu de diarrhée, mais la rate est petite et on n'entend rien d'anormal dans la poitrine ; la température da soir est à 39^,2. Cet état aurait pu faire concevoir des doutes sur la nature de l'affection dont ce malade est atteint , si les personnes qui l'accompagnent ne racontaient qu'il sortait d'un hôpital où il avait été soigné pour une blennorrhagie et une cystite : là on avait examiné son uréthre à l'aide de Fendoscope et cautérisé vigoureusement des érosions situées près du col de la vessie ; le malade ne voulant pas continuer un traitement aussi douloureux , était sorti de l'hôpital : le soir même, il avait été pris d'un violent frisson et apporté à Lariboisière.

(1) Parmi les Affections qui s^accompagnent de symptômes tjphoiàe* et sont susceptibles de donner lieu à des erreurs de diagnostic, j*ai rapporté seulement celles que j^ai étudiées.

L'état fébrile persista 5 jours seulement. Voici quels étaient, en résumé, les caractères de l'urine :

Couleur jaune sale trouble, peu foncée* — Quantité variant de 800 à 1250 c. c. — Densité de 1015 à 1016. —Maiériauœ solides^ de 34 gr. 20 à 53 gr. 50. — Odeur ammoniacale et fétide. — Réaction alcaline. — Sédiments très-abondants, formés de phosphate ammoniaco-magnésien et de globules blancs. — Acide urique très-diminué. — Matières extractives diminuées. — Albumine trèsconsidérable. — Sucre absent. — Phosphates terreux très-augmentés. — Urohématine normale ou augmentée.

— Indican peu abondant, mais on trouve une grande quantité du pigment bleu soluble dans l'éther directement ajouté à Turine (indigose). - Hémaphéine absente.

— Uroérytkrine constante, mais peu abondante.

Sous rinfluence du régime lacté, associé à l'acide salicylique, les urines revinrent peu à peu à Tétat normal ; Tétat général et les lésions locales s'amendèrent rapidement et quand le malade quitta Lariboisière, trois semaines après son entrée, son urine était presque normale et ne contenait plus que des traces impondérables d'al bumine.

Evidemment, il n'y avait pas de doute sur le diagnostic ; mais si les renseignements fournis par la famille du malade n'étaient pas venus nous éclairer et que l'on eût négligé d'interroger les antécédents vésico-uréthraux, l'examen des urines aurait fait cesser des hésitations, temporairement justifiées par l'intensité de Tétat typhoïde.

2P Dans le deuxième fait^ les difficultés étaient plus sérieuses :

Il s'agissuit d'un homme de 19 ans, qui, au moment de la dernière épidémie de fièvre typhoïde, était entré à Lariboisière, avec tous les signes d'une dothiénentérie de moyenne intensité. Le jour de l'entrée (5* jour), les températures étaient à 38^,6 et 39^,2, et les accidents pulmonaires avaient une prédominance assez marquée* Du 5* au 9* jour, on ne remarqua riea d'anormal du côté des symptômes : la diarrhée était assez abondante, la stupeur peu prononcée ; mais il y avait des sueurs abondantes.

L'urine pourtant n'offrait rien de comparable au syndrome typhoïde. Voici quels furent ses caractères durant cette période.

Co2//^wr jaune ambré rougeâtre assez foncé. — Quan- ' tité de lOOOà 1500c.c.-i>/'Aî5//^ delOJ5àl019.— iUfatériaux solides de 35 gr. 10 à 54 gr. 40. — Odeur normale. — Réaction acide. — Sédiments^ acide urique coloré en rouge vif. — Mucus peu abondant. — Acide urique environ doublé. — Matières extractives normales, à peu de chose près. — Albumine absente. — Phosphates teiTeux normaux ou peu diminués. — Vrohématine diminuée. — Indican^ traces. — Hémaphéine absente. — Uroérythrine^ traces.

Ce syndrome différait tellement du syndrome typhoïde de la période d'état des formes communes, que Ton conçut quelques doutes, d'autant plus qu'il n'y avait pas eu d'épistaxis, que la température était absolument irrégulière, le chiffre du matin étant souvent plus élevé que celui du soir, et qu'au 8 et 9® jour, on ne trouvait pas la moindre tache rosée ; le 10® jour, la diarrhée s'arrêta, le malade fut pris d'une violente dyspnée et d'un point de

côté à droite ; à une impulsion cardiaque énergique répondait un pouls mou, dépressible et irrégulier ; on entendait un souffle systolique doux couvrant toute la révolution du cœur ; on percevait des râles crépitants et de la matité dans toute Fétendue du côté droit ; la température montait à 40°, — 40^,4 ; puis, survinrent des crachats couleur jus de pruneaux et très-fétides, une véritable angoisse respiratoire, du délire, et le malade mourut le 12® jour, avec une température de 40° — 40°,6.

Les urines de cette seconde période présentaient le syndrome suivant :

Couleur orangé foncé. — Aspect trouble. — Quantité^ 900 ce. — Densité^ 1022. — Matériaux solides de 42 à 53 gr. — Odeur de pain bouilli et de moût. — Réaction très-acide, alcaline le dernier jour de la vie. — Sédiments grande quantité de pus, mélangé de graisse, de globules sanguins, d'acide urique, d'urates de soude, de pigment et de phosphate ammoniaco-magnésien. — Mucus trèsabondant. — Acide urique diminué. — Albumine considérable, — Phosphates terreux normaux. — Urohématine normale et rose. — Indican abondant. — Hémaphéine trèspassagère. — Uroérythrine très-abondante.

L'autopsie révéla les altérations ci-dessous :

Apoplexie pulmonaire diffuse avec gangrène dans la majeure partie du poumon droit; noyaux d'apoplexie entx)urés de tissus gangrenés dans le poumon gauche. Rate volumineuse et très-molle. Myocardite. Aucune altération de l'intestin (1).

(1) Voici les résultats complets de Tautopsie.

L'intestin est sain dans toute son étendue; on ne trouve rien ni dans les plaques de Pe^er, ni dans les follicules isolés. — Le foit a son to-

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