‹ Fièvres de surmenageChapitre 32 sur 56 · Peter, 1er. clin, novembre · texte numérisé non relu

Peter, 1er. clin, novembre

fille avait continué son service pendant trois jours sans s’aliter, service fatigant pour elle qui était obligée de faire le ménage, la cuisine et de s’occuper d’un petit enfant, travaillant presque sans relâche seize heures par jour environ.

Ce qui dominait chez cette malade c’était la sensation d’épuisement général, d’impotence, de lassitude, avec céphalée persistante, somnolence et apathie.

Et, pourtant, dès le lendemain de son entrée elle se trouve mieux; son mal de tête a diminué. Donc amélioration réelle avant tout traitement. Simple effet bienfaisant du repos.

Le jour suivant la malade se levait et mangeait. Elle était guérie le surlendemain. L’observation II est tout à fait semblable, seule la cause du surmenage en diffère.

Ces exemples d’état typhoïde sans fièvre à la suite de surmenage paraîtraient très fréquents si on se donnait la peine de les consigner. Mais, la plupart du temps les surmenés de cetle catégorie ne se rendent pas à l’hôpital. Ils demandent d’eux-mèmes au repos le retour à la santé. S’ils consultent le médecin, celui-ci peut souvent mettre les faits observés sur le compte d’un embarras gastrique.

L'absence de diagnostic exact est ici sans péril, mais, non sans conséquences. La cause de l’état morbide passant inaperçue fait que des mesures prophylactiques ne sont pas prescrites et que le malade, une fois guéri, se soumet aux mêmes causes étiologiques qui, par leur persistance produisent des rechutes et celles-ci peuvent créer alors un danger réel.

Reportons-nous encore à l’observation 111 du professeur

Gublor (1), dans laquelle le surmenage ne pourrait être contesté car il s’agit d’un malade ayant fait des marches forcées pendant plusieurs jours consécutifs.

Ici la note sombre du tableau est autrement accentuée : affaissement, prostration extrême, réponses pénibles mais intelligence intacte, douleurs partout, faciès caractéristique; il y a de la raideur et de l’immobilité du corps, hyperesthésie, nœuds musculaires produits par la moindre excitation mécanique directe dans les muscles superficiels.

Enfin, fait très intéressant, après le repos le malade, excrétait 100 grammes d’urée en vingt-quatre heures.

La température et l’issue de la maladie ne sont pas données dans cette observation ce qui nous porte à croire que le malade a guéri et qu’il était apyrétique bien que les symptômes soient assez marqués pour que l’on puisse en douter.

Ces deux réserves posées, il nous semble que nous avons là plus qu’un type du premier degré du surmenage. C'est une forme qui empiète déjà sur la deuxième phase et cela n’a rien qui nous surprenne, car, si pour les besoins de l’étude et de la description de toutes les maladies on établit des divisions nettement tranchées, combien dans l’observation clinique les différences qui les séparent s'effacent et les degrés s’affaiblissent!

Cela est surtout vrai dans les manifestations morbides du surmenage et on pourrait encore une fois répéter à leur propos le précepte connu et devenu classique de M. Peter et dire qu’en clinique « s’il y a des maladies, il y a surtout des malades. »

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