CONCLUSIONS
Nous serons heureux si nous avons pu prouver :
1° Que le surmenage physique peut être incontestablement une cause suffisante et exclusive de maladie.
2° Que les états morbides consécutifs au surmenage revêtent la plupart du temps un caractère commun : l'état typhoïde, et intéressent particulièrement le tissu musculaire y compris le muscle cardiaque.
3° Que, selon les degrés du surmenage et selon la constitution de l’individu qui s’v est exposé, on peut observer trois formes principales :
a. Un état typhoïde apyrétique (altération des forces).
b. Un état typhoïde fébrile sans lésions des solides (altérations des liquides).
c. Un état typhoïde avec lésions passagères ou permanentes, intéressant de préférence le cœur, les vaisseaux, la moelle (altération des solides).
4° Que, parfois, dans des faits appartenant à la deuxième division, certains symptômes sont tellement prédominants qu’ils en impossent, malgré l'état typhoïde, pour le début d’une variole, plus rarement pour une fluxion de poitrine.
ti° Que les processus morbides avec état typhoïde, douleurs épiphysaires et accroissement de la tailledesenlants, dits fièvres de croissance, lorsqu’ils sont consécutifs
à un surmenage bien évident et incontestable, doivent reconnaître la même pathogénie que les fièvres de surmenage.
6° Que les états pathologiques produits par le surmenage résultent de l'altération du sang et de l'imprégnation de l’organisme par l’accumulation des matières extractives des leucomaïnes, en un mot,’ de tous les déchets de désassimilation des tissus, surabondamment produits, avec insuffisance momentanée d’élimination des émonctoires qui sont sains, en général.
7° Que c’est à l’accumulation des matières cadavérisées de l’organisme et à l’altération du sang que doivent être attribuées certaines complications : les myosites, les
thromboses et les gangrènes spontanées.
8° Que l’examen des urines est une recherche pleine d’intérêt dans tous les cas de surmenage, non seulement parce que la quantité d'urée éliminée est le critérium véritable de ces états pathologiques, mais aussi, parce que la recherche de la toxicité des urines des surmenés et la recherche de la provenance de chacune des substances extractives avec leur mode d’action spéciale sur l’organisme, pourront apporter chaque jour des lumières nouvelles à l’étude de cette question.
9° Que si, en général, le repos est le principal traitement du surmenage, il y a des indications spéciales à chacune de ses variétés, mais que, avant tout, la prophylaxie la mieux comprise s’impose et doit être instituée.
10°. Que, enfin, si le surmenage reconnaît pour se produire des modalités d’action multiples, sa pathologie est une et qu’il demande une place spéciale dans le cadre nosologique,