‹ Figaro et ses devanciers. Avec la collaboration de Paul d'EstréeChapitre 105 sur 178 · B. A. ms. 11 SIC, C · texte numérisé non relu

B. A. ms. 11 SIC, C

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payait médiocrement, par pièces do douze et de vingt sols, qu'il accompagnait de ses vieilles" bardes'. Mahudel faisait parfois aussi les commissions du bureau et portait les paquets. Il raconte comment il devint le collaborateur de Julie :

« Un jour, dans la matinée, ayant porté à M. Le Roy, secrétaire de M. le lieutenant général de police, une lettre de la part de M. La Jannière (lieutenant de robe-courte), je trouvai dans son bureau Julie, qui reçut de M. Le Roy cinquante écus, qu'il me dit être la récompense de son travail pour le Magistrat (lieutenant de police). Julie me donna un écu de six livres, pour des éclaircissements que je lui avais fournis, et me pria avec instance de lui apporter les affaires que je découvrirais, en me faisant entendre qu'il en voulait faire sa cour au Magistrat; il m'en promit récompense; en conséquence, je lui ai donné des notes sur Mme Clerdun que M. d'Harnoncourt (fermier général) allait voir, sur Mlle Chaumat et Mlle Bellanger, et ai été chargé par lui de prendre des éclaircissements sur M. Gaze (fermier général) et Mlle de Roissy la jeune "-. »

Julie complétait ces informations par celles qu'il pouvait tirer de ses conversations dans les théâtres et ailleurs. Il se vantera de ce que ses feuilles galantes étaient écrites sans grossièreté, sans aucune intention de nuire. C'étaient, dit-il.

1. Intorr. do Delacoinlic, 13 août n5:!. R. A. ms. 11 SU', f. SÛ. '->. Iiiterr. de Mahudel, 13 août H.M'., i/jt.l.. l'. (kl.

« de petites historiettes ». Et, de fait, on ne peut les comparer aux feuilles des pamphlétaires dont il sera question plus loin.

Pour porter les « paquets », Julie se servait d'un jeune homme, fils d'une vendeuse de vieux linge, nommé Cordier, qui allait déposer les gazetins chez les abonnés, vêtu d'une veste de drap rouge '.

Ces « petites nouvelles » ne tardèrent pas à faire du bruit - et jusque dans les bureaux do la police. Plusieurs agents du lieutenant général, inspecteurs ou lieutenants de robe courte, Poussot, Roulier, Bourgoin, Durocher, La Jannière, avertirent amicalement leur confrère. Julie comptait, dira sa servante, que Ton viendrait perquisitionner dans ses papiers, mais il ne pensait pas être arrêté. En mai 1753, la police parvint à faire engager une « mouche » parmi les collaborateurs du gazetier. L'espion déroba, sur le bureau du chef de nouvelles, cette note écrite par Willemin de Coin, en date du 17 juillet 1743, concernant le fermier généi'al Caze :

M. Caze a été liier à la Comédie française. Son laquais, nommé tîoauvais, le conduit presque tous les jours jusqu'à la rue du Regard. Arrivé là, il renvoie son carrosse et son laquais, va tout seul à pied, il passe toute la rue du Regard (mot illisible) vers la première barrière, on ne sait pas où. F^c matin, son carrosse le va attendre au Pont-

1. Interr. de Delacombc, 13 août nSS, ïi. A. ms. 11 SI*"', f. 80. '2. Rapport de Meusnier, 18 août 1753, ibid., f. 87;

Royal, vis-à-vis le marquis de Villeroy, sur les trois ou quatre heures du matin, suivant Tordre. Il va tous les dimanches chez Tanihassadeur de Venise. Dimanche, l'j de ce mois de juillet 1753, il y a perdu 300 louis. Il va aussi chez Mme de Lamherl, fenuuc du chevalier et M. Macaille. Voilà ce que Ion m'a appris'.

Le 12 août, Charles de Julie, Willeinin de Coin, Delacombe, Mahudel et Louis (<hazé étaient conduits à la Bastille. Delacombe et Mahudel furent rendus libres dès le 22 septembre. Ils avaient paru sincères quand ils avaient déclaré qu'ils croyaient le travail de Julie destiné au Magistrat. Le « Petit Commissaire » fut gardé un peu plus longtemps. Ce qui aggravait sa faute, c'était sa condition d' officier de police; mais on fut indulgent parce qu'il avait servi Julie par amitié et à titre gracieux. Il fut élargi le 23 novembre. On doit d'ailleurs rendre cette justice à Julie que, par ses réponses au Magistrat, il s'efforça d'assumer sur lui seul toutes les responsaljilités.

Willemin de Coin n'en fut pas moins gardé à la Bastille jusqu'au 10 mars 1754 et peut-être y serait-il demeuré plus longtemps, sans l'intervention de son beau-frère, M. Du Buat, conseiller au Parlement de Metz-.

Seul Julie restait sous clef. Vainement a-t-il espéré en l'aide du duc d'Orléans, du maréchal de

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