‹ Figaro et ses devanciers. Avec la collaboration de Paul d'EstréeChapitre 107 sur 178 · Rapport de Roussel, 21 nov. 1753, ibid., i · texte numérisé non relu

Rapport de Roussel, 21 nov. 1753, ibid., i

4. Ibid... f. 10-2. Lettre de .Julie au Magistrat, -29 mai 175.1.

Antoine Allègre, le célèbre compagnon d'évasion de Latude. Or, Julie communiquait avec eux par des trous que les prisonniers, ses prédécesseurs, avaient pratiqués dans les planchers. JMais le major Chevalier surprend Tentretien qu'il rapporte en ces termes à son supérieur :

« Etant sur l'escalier, entre la chambre de la première Bertaudière, où est Julie, et la seconde, où demeure Rhinville, ces deux prisonniers, conjointement avec Allègre, qui est au cachot dessous, étaient en conversation. Ils s'entretenaient et disaient que la nourriture du Château (de la Bastille) devrait être meilleure, mais qu'il ne fallait pas s'en étonner, parce que M. de Rys, ainsi que le major et l'aide-major, s'entendaient tous ensemble, ce qui en était la cause.

« Allègre s'est informé à Julie d'une Louison qui demeurait ci-devant rue Fromenteau : il lui a répondu qu'il la connaissait fort bien et qu'elle n'avait jamais été si bien qu'elle est aujourd'hui. Après quoi Julie lui a rendu compte du dernier voyage que Rys a fait de Compiègne à la Muette, surtout des deux ballets qui s'y sont exécutés. Après quoi Julie a passé du tabac à Rhinville, au bout d'un (il ou ficelle, lequel Rhinville n'a pas trouvé bon, disant qu'il était sec et que le sien était plus frais, n lui en a offert, Julie l'a remercié. Après quoi Rhinville à démontré à Julie tout ce que renfermait la Baslille, tout le local on général, les noms et qualités de ceux ([ui Ihabitent. Je crois réellement qu'il n'a rien oublié. Je suis encore sur-

pris d'clonnement; Theurc du repas est venue; je me suis relire '. »

Julie, à la Bastille, a obtenu du papier et de Tencre. Il écrit un poème sur Judith, un autre sur la Passion, il compose cinq cents vers « sur le battement nouveau des tambours », des fables, les portraits rimes de tous les officiers de police placés sous les ordres de Bcrryer que le prisonnier espère ainsi fléchir; mais Berryer met en apostille sur toute cette littérature : « Il ne manquait plus à Julie que d'être poète pour être fou tout à fait- »,

Et le malheureux continue à supplier le Magistrat de lui faire ouvrir les portes de sa prison.

« J'ose vous demander ma liberté. Vingt-huit ans accomplis, aussi gueux qu'un rat d'église, les réflexions que je fais tous les jours sont de bon aloi et me mèneront, si Dieu est touché des prières que je lui adresse , dans le chemin d'une félicité tranquille que j'ai jusqu'à ce jour ignorée''. »

Enfin, après une détention de deux ans, le 27 juillet 1754, il sortit de la Bastille. Long châtiment! A vrai dire, on ne pouvait admettre qu'un publiciste rédigeât une feuille clandestine, où les aventures d'alcôve des personnes du plus haut rang étaient rapportées avec précision et chacun des acteurs nommé par son nom; mais comment qualifier la

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