‹ Figaro et ses devanciers. Avec la collaboration de Paul d'EstréeChapitre 116 sur 178 · Voltaire à Moussinot, nov. 1738, ibuL, LII · texte numérisé non relu

Voltaire à Moussinot, nov. 1738, ibuL, LII

nité des pamphlets les plus violents, sortis de la plume du maître, notamment du Préservatif. Le grand écrivain commença môme par mettre à Tactif de son factotum son joli conte de Candide^, dont il n'accepta de se reconnaître Fauteur qu'après en avoir vu le succès. Dévouement appuyé de demandes d'argent. « Ce Mouhy est insatiable, dit Voltaire, mais il m'est utile -. »

Les ressources que Mouhy tirait, tant des services rendus à Voltaire que de ses « nouvelles autorisées >', n'en demeuraient pas moins insuffisantes. Sous l'aiguillon de la misère, il publia les Mille et une faveurs, un roman à clé, un roman abominable — huit volumes — ne se recommandant, pour forcer l'attention, que du scandale. Par la suite, l'écrivain aura l'inconscient cynisme d'en révéler la genèse dans les gazetins mêmes qu'il adressera à la police. Après avoir annoncé au Magistrat la mort de Mme de Polignac, il ajoute :

« Mme de Polignac était et doit être bien regrettée par les personnes qui aiment l'entière liberté. Dans un temps qu'elle était Mlle de la Garde, Fauteur (Mouhy) allait quelquefois lui tenir compagnie chez une certaine Mme de la Pommeraye, qui aime les femmes. Elles étaient voisines et demeuraient rue Chariot. C'est de ce commerce, qui dura longtemps, que Fauteur imagina ses huit volumes des Mille el une faveurs. »

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