I . Mariaye de Fif/aro, IV, x
9. Dossier Brunel, B. A. niss 10 74-3, ï-2 497; Archives de la préfecture de i.olice, Bastille III, 928.
commerce demande un secret inviolable, et que la crainte d'être puni me retient, il ne m'est pas jusqu'ici fort avantageux. Si vous acceptez mes services '....«
Ce serait une énumération interminable, que la liste de tous les domestiques, maîtres d'hôtel, laquais, valets de chambre, mirebalais, suisses, portiers, cuisiniers, jocqueys, porte-claquette et hautle-pied, qui furent poursuivis et incarcérés, souvent à la Bastille, comme nouvellistes à la main. Tel Louis Lecomte, maître d'hôtel de la Présidente de Barillon, arrêté en 1659 -. 11 dirigeait un bureau de nouvelles, avec la collaboration d'un laquais, Pierre Gagneron, d'un fruitier et d'un « gargotier ». .Jean Moque, colporteur de profession, distribuait leurs feuilles dans Paris, et Nicolas Dupin, « domestique sans condition », en faisait l'expédition pour la province. Tel encore Claude Chabot, étudiant en théologie et valet de chambre de M. de Laagc, à la Bastille le 5 octobre 1669, condamné aux galères le 30 décembre pour gazettes contre le roi^; ou bien Jacques Coquaire, valet de chambre et maître de latin, embastillé à deux reprises, en 1712 et en ITlo, pour nouvelles à la main '". ' C'est encore Vanneroux, valet de chamljre et nouvelliste, mis à la Bastille pour gazettes secrètes,
1. P>. A. ms. 7 082, f. 1 S(|. ; cf. J. .Janin, Paris et Versailles il y a cent ans, Paris, 1874, ehap. xvii.
•2. Liste des prisonniers de la Bastille, n" 19. ;!. B. A. ms. 10 331.
4. Liste des prisonniers de la Bastille, n"" -2 l.")G et 2 312.
le y mai i'rl'.i, sorti le 20 mai suivant', et Charles Clergé, laquais du chevalier de Brisonnet, embastillé pour feuilles manuscrites, du 10 mars au G avril 1721-.
Ces domestiques, dont un grand nombre servaient chez les gens en place, chez les ministres, chez des diplomates, chez des Mécènes qui recevaient artistes et écrivains, étaient des mieux postés pour apprendre les faits du jour. Saint-Simon luimême, malgré son orgueil, les entoure de prévenances et d'égards ^
A l'époque de la crise janséniste, Figaro, toujours frondeur, suit les sectateurs du diacre Paris. Ses papiers-nouvelles attaquent Jésuites et Ullramontains. Aussi bien, Ton sait que les célèbres Nouvelles ecclésiastiques furent, jusqu'en 1728, des nouvelles à la main. « Aujourd'hui, lisons-nous dans les gazetins de la police, aujourd'hui on doit juger le domestique de la rue Saint-Jacques.... Les Jansénistes, qui conseillent ce garçon, ont dû aller ce matin à Saint-Médard pour prier Dieu qu'il lui donne la force de souffrir pour la vérité ^ »
Par ordre du 8 mars 17.'j7, est embastillé Jean Champclos, cuisinier de l'abbé de Guillerin, comme entrepreneur de nouvelles et « chef d'une imprimerie clandestine ■' ». Il fut transféré à la Concier-