‹ Figaro et ses devanciers. Avec la collaboration de Paul d'EstréeChapitre 21 sur 178 · Ibid., f. 251 V · texte numérisé non relu

Ibid., f. 251 V

car l'un de ces subalternes pourrait détourner des informations importantes pour les vendre à un concurrent, ou bien se les approprier pour en composer un bulletin à lui. Aussi Dubec devra-t-il avoir soin de choisir des scribes si assurés et de veiller sur eux si exactement, qu'aucun d'eux ne puisse faire la contrebande, c'est-à-dire copier des bulletins et des nouvelles pour soi « et avoir par ce moyen des souscriptions particulières ».

Avec les fonctions de secrétaire de la rédaction, Dubec cumulera celles de caissier et d'administrateur : « Il fera la recette, il fera la dépense des scribes et des fournitures au meilleur marché possible. II enverra incessamment l'état des souscriptions qu'il a pu recevoir depuis le 1" de ce mois, ainsi de suite tous les huit jours, celles de chaque semaine, avec l'adresse des souscripteurs. Il tiendra un compte ouvert avec chaque souscripteur, où seront leurs noms, leurs adresses, le montant de leur paiement et celui de leur débit. »

On voit, par l'insistance qu'apporte le contrat à définir et préciser cet article, combien la question des abonnements était capitale pour les deux associés — comme elle l'est d'ailleurs et comme elle le sera toujours pour n'importe quel directeur de journal.

« Le sieur Dubec, poursuit le chevalier d'Abrieux, nous rendra son compte tous les trois mois. »

Le traité se termine sur cette clause : « Les objets qu'on lui passera en compte de dépense (à Dubec) sont : les commis pour faire les enveloppes, porter

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les paquets aux portes et faire les recouvrements dans Paris, auxquels on donnera 365 francs; le papier, l'encre, la cire, les plumes, la chandelle, le bois pendant les six mois d'hiver, les ports de lettres. Le sieur Dubec retiendra, sur le restant net du produit, un sixième pour ses peines et soins et loyer. »

Evidemment, ce n'est pas encore l'administration complexe, ni le grand train de maison de la Revue des Deux Mondes, du Gaulois ou des Annales; mais déjà se dessine dans ce contrat, à l'état rudimentaire si Ton veut, le mécanisme du journalisme moderne.

Dubec avait son bureau rue Saint-Honoré, vis-àvis la rue du Jour.

On a conservé quelques-uns des « papiers nouvelles » rédigés par lui. Il en est d'intéressants. Le suivant, par exemple, où il est question de Marat :

14 décembre 1777. — Sur ce que M. Lévi, médecin, a proposé de fortes raisons de douter que ce soit d'une maladie de poitrine dont Mme la marquise de Laubespin a été guérie par un M. Marat, lequel se vante de guérir tous les pulmoniques abandonnés, M. le marquis de Laubespin a écrit dun ton menaçant qu'il aurait recours à l'autorité, s'il le fallait, afln qu'il puisse publier que c'était d'une maladie de poitrine dont Mme sa femme avait été malade pendant cinq ans et dont elle se trouve guérie *.

Les papiers de Dubec nous ont également trans-

1. Bibl. de la Ville de Paris, nis. 00 700. vol. non folioté.

mis la lisle de ses abonnés. Ceux-ci n'étaient pas en grand nombre; du moins chacun d'entre eux payait une forte somme :

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