Xoiivelles nouvelles, III, '28G-S
2. Sur toute cette organisation voir les IVouvcUisles, •2'-' éd.. Paris, 1905, in-lG.
allait chercher ses anecdotes au Palais, au cloître des Cordeliers (où se groupaient des nouvellistes à la bouche d'opinions très avancées), et tous les dimanches, chez le président Rolland, qui recevait, ce jour-là, nombre de personnages de considération et venus des milieux les plus divers *.
Et c'est ainsi que, réduits à leurs seules forces, nos nouvellistes ne laissaient pas que d'être souvent bien « avertis ». Le mot leur est appliqué par Torcy.
Outre les nouvellistes « à la bouche » ou « nouvellants », comme on les nommait plus particulièrement, qui se réunissaient dans les promenades publiques, les nouvellistes à la main, c'est-à-dire les nouvellistes proprement dits, comptaient de précieux auxiliaires dans le monde de la livrée. Les laquais se tenaient aux écoutes, tout en servant à table, tout en introduisant les visiteurs chez monsieur le Comte ou chez monseigneur l'Intendant ; les portiers prenaient note des personnes qui entraient : sources d'inlormations si importantes que nous verrons des bureaux de rédaction installés dans des loges de concierge. Et quen résultait-il? L'abbé Dubois, durant son ambassade à Londres, en 1717, écrivait au Régent :
'< N'est-ce pas une chose monstrueuse que cette fureur contre l'affaire qui se traite actuellement? Je suis dans le dernier étonnement, quand je vois qu'on fait des assemblées sur une négociation,
1. Paul tl'Estrée, les Tribulalions d'un académicien, les Procès de Xicolus MulmdeL Paris, 1897, in-8 (ext. de la Correspondance historique) p. 15-16
comme sur la constitution Unigenilus, quon lit des mémoires (nouvelles à la main) dans les maisons, qu'on en publie dans les rues, et qu'on commet un intérêt de cette importance au caquet de tout le monde. En vérité. Son Altesse Royale est trop trahie; tout ce que je lui écris dans mes dépèches transpire au point que tout ce qui peut être nuisible à ses alTaires roule dans Paris et puis voyage jusqu'à ÏNladrid '... »
Autre source d'informations, le reportage; car nos compagnons Font connu dès le xvii'^ siècle. En 1670, La Reynie interroge Seubert de Bostal, à la Bastille :
« J'ai des hommes, répond le prisonnier, qui viennent m'apporter chaque jour leur récolte de nouvelles; je paie l'un cinq livres par mois, l'autre quarante sols -. »
ToUot dira pareillement : « Je tenais les nouvelles de Paris des difl'érenles personnes qui, des églises, des cafés, me rapportaient tout ce qu'elles entendaient dire par la ville ^ ».
Le chevalier de Mouhy, « fameux nouvelliste », « met les gens en campagne pour entrer dans les bas détails^ », et nous voyons ceux-ci se mêler à la foule pour en rapporter les on-dit et, dans leur