‹ Figaro et ses devanciers. Avec la collaboration de Paul d'EstréeChapitre 90 sur 178 · La Speclairur franrah, t. VI (177(5), ckap. v · texte numérisé non relu

La Speclairur franrah, t. VI (177(5), ckap. v

l'objet des NOl'VELLES A LA MAIN. 167

« Lysicrate s'est cassé la jambe en descendant un peu plus vite qu'il n'aurait voulu l'escalier de Thaïs.... La prude Adine a fait un faux pas; on assure que le vieux Polémon va réparer les désordres de sa chute.... »

Ponchartrain, ancien ministre de Louis XIV, supplie, en 1734, le lieutenant de police de lui faire parvenir au fond de sa retraite les feuilles de nouvelles qui lui passent par les mains : « Je vous les renverrais aussitôt. Un vieillard oisif est curieux d'être instruit et amusé : il y a de la charité à y contribuer... Je l'espère de votre bonté'. » Voltaire, de quelque lieu où il se trouve, de Forges ou de Ferney, réclame avec insistance l'envoi de ces journaux manuscrits-. 11 fut l'un des abonnés d'un nouvelliste fameux, le chevalier de INIouhy''.

La lecture des gazettes à la main abrégeait la longueur dés voyages en diligence. Le comte de Gabalis s'est mis en route. « Le carrosse, écrit-il, était plein d'officiers, de fort honnêtes gens qui avaient tous beaucoup desprit. J'admirai entre autres celui de Saint-Canal, lieutenant colonel. Les premiers moments de notre voyage se passèrent à nous reconnaître et à nous faire des compliments. Bientôt après, on tomba sur les propos de guerre. Saint-Canal tira de sa poche un gazetin

L Lettre à R. Hérault, 30 juin 1731.

■2. Lettres à Mme la Présidente de Dernières et à Thiériot, 4 et 20 juillet

3. Paul d'Estrée, te Chevalier de Motihy, dans la Revue d'hist. Utlérairc, année 1897, p. 197 sq.

qu'il nous lut. Le premier article marquait que rÉIecteur Palatin avait écrit à Timpératrice mère que rarchiduc, son fils, serait bientôt élu empereur s'il voulait renoncer à l'Espagne. Le chevalier de Larivoire alors s'écria :

« En vérité, l'Espagne nous fut toujours funeste!... »

Et la discussion de continuer*.

Et cette curiosité , très légitime en somme , se doublait d'un motif impérieux pour le commerçant, l'intérêt de ses afï'aires. Prenons pour exemple cette partie si importante de l'industrie parisienne, la toilette. En 1714, les coilïures basses •remplacèrent, du jour au lendemain, les cornettes à trois étages, sur un mot du roi - : quelle bonne fortune pour la modiste instruite la première du désir exprimé par Louis XIV 1 « La reine, observe Mercier-, est l'arbitre de la mode; son goût fait la loi ». lîavaisson en fait la remarque : « On prétendait imposer silence sur les allaires de la Cour et de Paris ; c'était ce qu'il importait de savoir pour un négociant. Le souverain et ses favoris faisaient varier les modes à leur gré. Les marchands avaient tout intérêt à être informés du caractère de ces dames et des vicissitudes de leur crédit, et c'est ce qu'ils trouvaient dans ces bulletins * ». Ceux-ci se répandaient par toute la

1. MÔHioires iuodils du comte de Gabalis, collection particulière.

2. Edm. et J. do Goncourt, la Femme au XVI II" siècle, éd. in-l, p. -05.

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