‹ Figaro et ses devanciersChapitre 112 sur 194 · B. A. ms. 11 SIC», f. 110, S. Hnd., f. lut · texte numérisé non relu

B. A. ms. 11 SIC», f. 110, S. Hnd., f. lut

payait médiocrement, par pièces de douze et de vingt sols, qu'il accompagnait de ses vieilles bardes1. Mahudel faisait parfois aussi les commissions . du bureau et portait les paquets. Il raconte corn- j ment il devint le collaborateur de Julie :

« Un jour, dans la matinée, ayant porté à M. Le ! Roy, secrétaire de M. le lieutenant général de j police, une lettre de la part de M. La Jannière (lieutenant de robe-courte), je trouvai dans son bureau j Julie, qui reçut de M. Le Roy cinquante écus, qu'il ! me dit être la récompense de son travail pour le Magistrat (lieutenant de police). Julie me donna , un écu de six livres, pour des éclaircissements j que je lui avais fournis, et me pria avec instance ■ de lui apporter les affaires que je découvrirais, en me faisant entendre qu'il en voulait faire sa cour au Magistrat; il m'en promit récompense; en consé- f quence, je lui ai donné des notes sur Mme Clerdun !,< que M. d'Harnoncourt (fermier général) allait voir, sur Mlle Chaumat et Mlle Bellanger, et ai été chargé par lui de prendre des éclaircissements sur M. Gaze (fermier général) et Mlle de Roissy la jeune2. »

Julie complétait ces informations par celles qu'il pouvait tirer de ses conversations dans les théâtres et ailleurs. Il se vantera de ce que ses feuilles galantes étaient écrites sans grossièreté, sans aucune intention de nuire. C'étaient, dit-il,

1. lûterr. de Delacombe, K! août 1753. B. A. ms. 11 SIC; f. 'i. Iiuerr de Mahudel; 13 août loi',, ibid:, I'. 60;

I de petites historiettes ». Et, de fait, on ne peut les comparer aux feuilles des pamphlétaires dont il sera question plus loin.

Pour porter les « paquets », Julie se servait d'un jeune homme, fils d'une vendeuse de vieux linge, nommé Cordier, qui allait déposer les gaze- Lins chez les abonnés, vêtu d'une veste de drap rouge '.

Ces « petites nouvelles » ne tardèrent pas à faire du bruit 2 et jusque dans les bureaux de la police. Plusieurs agents du lieutenant général, inspecteurs ou lieutenants de robe courte, Poussot, Roulier, Bourgoin, Durocher, La Jannière, avertirent amicalement leur confrère. Julie comptait, dira sa servante, que Ton viendrait perquisitionner dans ses papiers , mais il ne pensait pas être arrêté. En mai 1753, la police parvint à faire engager une « mouche » parmi les collaborateurs du gazetier. L'espion déroba, sur le bureau du chef de nouvelles, cette note écrite par Willemin de Coin, en date du 17 juillet 1743, concernant le fermier crénéral Caze :

M. Cazc a été hier à la Comédie française. Son laquais, inommé Beauvais, le conduit presque tous les jours jusqu'à la rue du Regard. Arrivé là, il renvoie son carrosse et 'son laquais, va tout seul à pied, il passe toute la rue du l'fteg-ard (mot illisible) vers la première barrière, on ne sait bas où. Le matin, son carrosse le va attendre au Pont-

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