Voltaire à iMoussinot, nov. 1738, ibid., LU
iité des pamphlets les plus violents, sortis de la plume du maître, notamment du Préservatif, Le grand écrivain commença même par mettre à l'actif de son factotum son joli conte de Candide \ dont il n'accepta de se reconnaître Fauteur qu'après en avoir vu le suecès. Dévouement appuyé de demandes d'argent. « Ce Mouhy est insatiable, dit Voltaire, mais il m'est utile 2. »
Les ressources que Mouhy tirait, tant des services rendus à Voltaire que de ses « nouvelles autorisées », n'en demeuraient pas moins insuffisantes. Sous l'aiguillon de la misère, il publia les Mille el une faveurs, un roman à clé, un roman abominable — huit volumes — ne se recommandant, pour forcer l'attention, que du scandale. Par la suite, l'écrivain aura l'inconscient cynisme d'en révéler la genèse dans les gazetins mêmes qu'il adressera à la police. Après avoir annoncé au Magistrat la mort de Mme de Polignac, il ajoute :
« Mme de Polignac était et doit être bien regrettée par les personnes qui aiment l'entière liberté. Dans un temps qu'elle était Mlle de la Garde, l'auteur (Mouhy) allait quelquefois lui tenir Compagnie chez une certaine Mme de la Pommeraye, qui aime les femmes. Elles étaient voisines et demeuraient rue Chariot. C'est de ce commerce, qui dura longtemps, que l'auteur imagina ses huit volumes des Mille et une faveurs. »