‹ Figaro et ses devanciersChapitre 122 sur 194 · Juin H36, ibid., LU · texte numérisé non relu

Juin H36, ibid., LU

d'être « infiniment secret1 »; mais, dès le mois de novembre, ces informations n'ont plus l'heur de lui plaire.

« Je remercie le chevalier de Mouhy de ses nouvelles et je n'en veux plus recevoir. En trois mois de temps, il ne m'a pas écrit trois vérités. Je ne connais ce chevalier que par ce qu'il m'emprunte 2. » Boutade d'un homme irritable, impatient des requêtes incessantes du gazetier besoigneux. En 1738, les relations se sont renouées. Voltaire assure Mouhy de sa « tendre amitié3 ». Il est vrai qu'il l'emploie aux fonctions les plus diverses ; car il ne lui demande pas seulement de lui envoyer des feuilles de nouvelles , mais des nouveautés littéraires, de lui dénicher les libelles et les pamphlets prohibés, d'exécuter ses commissions. Voltaire fait de lui « le solliciteur de ses procès et son chef de meute au parterre »; il le charge de ses démarches dans les bureaux de la police, où, comme on sait, ce philosophe ne cessait de réclamer l'incarcération de ses contradicteurs.

Eclate le différend entre Voltaire et l'abbé Desfontaines. Mouhy saisit la balle au bond. Il se range du côté de celui, qui occupe déjà la première place dans la République des Lettres; et le voilà, en ce débat retentissant, aux échos scandaleux, qui devient Veiller ego de Voltaire, portant ses « Mémoires » à l'impression, endossant la pater-

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