‹ Figaro et ses devanciersChapitre 126 sur 194 · L'Espion étranger à Paris, t · texte numérisé non relu

L'Espion étranger à Paris, t

parvint ensuite à s'insinuer dans la rédaction du Mercure, pour y rédiger la bibliographie des livres nouveaux. Enfin, toujours talonné par la misère, il olï'rit ses services au lieutenant de police. Et sans nul doute il dut lui en coûter beaucoup. Ses répugnances nous ont été révélées par la lettre au Magistrat citée plus haut. Car, en somme, il a un vrai tempérament d'homme de lettres ; mais il a une femme à nourrir et cinq enfants, dont quatre fils « destinés au service du roi ». Il n'écrira plus de romans — qui le font mettre à la Bastille — mais, dit-il : « Je serais fort propre à occuper un emploi. J'ose même me flatter de m'y distinguer. Vous m'avez tout à votre disposition! L'inaisance, ajoutet-il, donne de l'industrie et de l'intrigue : ne pourriez-vous pas en faire un bon usage en ma faveur? »

Supplique que Marville apostille : « Cette lettre fait pitié! que ce malheureux gagne sa vie — mais qu'il tâche de ne se brouiller ni avec le gouvernement ni avec la police1 ».

Mais il n'est que d'insister : « l'inaisance donne de l'industrie » ; tant et si bien que Marville lui demandait enfin la rédaction quotidienne d'une feuille contenant la chronique mondaine de Paris.

Le premier gazetin de lui que nous connaissions date de juillet 1742. Le chevalier adresse chaque jour à Marville un « manuscrit » petit in-folio, résumant ses multiples enquêtes, conversations de

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