‹ Figaro et ses devanciersChapitre 14 sur 194 · Le Tapissier de Notre-Dame, p · texte numérisé non relu

Le Tapissier de Notre-Dame, p

2. Un Courrier de Paris en 1064, publ. par J.-E. Gardet, Paris, 1850, in-lG.

n'était donc que l'écho d'une chanson à la mode.

Durant qu'il présidait à la direction de la librairie, Argenson engagea pour sa tante, Mme de Balleroy, le fameux Jean Buvat, écrivain à la Bibliothèque du Roi, auteur du Journal de la Régence.

On a déjà dit que les couvents eux-mêmes ne restaient pas indifférents aux bruits du monde. L'auteur de Y Ambigu d 'Auleuil parle, en 1709, d'un chanoine qui fréquente assidûment les « pelotons » des Tuileries et ceux des Célestins. « Il fait les affaires de son église à Paris, quand il y en a, et, pour supplément, est obligé, s'il veut toujours être appointé comme présent, d'écrire chaque semaine les nouvelles du temps à son chapitre. »

Ces salariés sont pour la plupart de pauvres hères. Il faut lire les suppliques qu'ils adressent à leurs nobles patrons. C'est le papier même, dont ils ont besoin pour écrire, qui leur fait défaut, et ils demandent instamment qu'on leur envoie l'argent nécessaire.

Cet office d'informations se généralise. Aux anecdotes de la Cour et de la Ville, nos correspondants ne tardent pas à ajouter celles qui intéressent la « République des lettres » : comptes rendus des spectacles, analyses des livres nouveaux, brigues académiques, petits vers, épigrammes, chansons des rues et des cours, de la Cour et des ruelles. Parfois aux notices sont joints les livres dont il y est question, les nouveautés, pièces de théâtre, volumes de vers, le dernier roman dont les feuilles sont encore « humides des baisers de la presse »;

c'est le service de la « Parnasserie ». Il s'y mêle des colis d'huile d'olive, de « pommes d'orange », de savons de Marseille et de balais; les envois partent l'un quand et quand l'autre : service domestique.

Un pas encore et nous voici en présence d'informateurs qui fournissent, non plus un seul, mais plusieurs clients, desquels ils tirent également une honnête rétribution. Leur travail s'en accroît : ils doivent s'adjoindre des collaborateurs, ce qui les amène à former comme un bureau, un bureau de nouvellistes, où nous entrerons sans plus tarder, pour y trouver les personnages mêmes qui font l'objet de cette étude, les devanciers de Figaro, les nouvellistes à la main.

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