B. A. ms. 12 385, f
2. Rapport de Kauffmann, B. A. ms. 12 385, f. 17 v°-18, éd. Ravaisson, XII, 492-03. Ravaisson dit ne pas être certain que ce rapport soit do Kauffmann; l'original en est bien de son écriture. — Paul était le frère de Corset.
toile, associées dans l'enclos du Temple; et d'autres commères sont auprès d'elles. L'une d'elles, âgée d'environ cinquante ans, est coiffée à la paysanne. Elles sont toutes curieuses d'écrits prohibés et, après le dîner, quand les plats ont été reportés à la cuisine, elles se mettent, les coudes sur la table, à lire les feuilles de nouvelles1. Kauffmann cile non seulement des marchands, mais des ouvriers de la rue Montmartre qui s'y abonnent et les lisent avec passion.
Aux approches de la Révolution, les nouvelles ! à la main descendent dans la rue et montent aux mansardes. Les « Paroissiens » n'auraient pu rêver plus grand succès; mais il arrivait à l'heure de leur déclin. En 1768, des opérations hasardeuses avaient ruiné Bachaumont; la même année, les feuilles de la Paroisse annonçaient la mort de l'abbé Legendre2. Mme Doublet, toujours délicieuse, était devenue une petite vieille ratatinée, ridée comme une pomme de reinette, mais coquette encore. Et les autres Paroissiens? L'abbé de Chauvelin était mort et l'ami Falconet. Comme on demandait à Voisenon :
« Que faites-vous?
— Je suis en train de mourir. »
Piron disait :
« Dame Nature m'a crevé les yeux, arraché les dents, creusé la poitrine, affaibli l'estomac. »
1. Déclaration de Jacquinet, 30 juill. 1772, B. A. ms. 12403 f. 192.