‹ Figaro et ses devanciersChapitre 165 sur 194 · Bibl. Mazarine, ms. 2 399, 29 avril · texte numérisé non relu

Bibl. Mazarine, ms. 2 399, 29 avril

Mairobert, mais elles n'en venaient pas directement. Le rédacteur en était un certain Aubry de Julie, qu'il ne faut pas confondre avec Charles de Julie, l'auteur des « Petites nouvelles » ; mais curieux personnage, lui aussi. Il avait parcouru le monde, voyagé en Orient, fait tous les métiers, s'occupant de loteries, de canaux, de racolage pour le roi de Prusse et pour l'Empereur, un de ces types d'aventuriers, prêts à toutes les besognes, comme il s'en trouva tant sur la fin du xviir3 siècle. Revenu à Paris en 1765, il s'était lancé dans le nouvellisme. Emprisonné, remis en liberté, son existence avait été dès lors celle de ses confrères que nous avons connus. Arrêté une seconde fois et mis à la Bastille le 20 octobre 1773, on trouva chez lui une copie des Anecdotes de Mme du Barri), par Mairobert; pamphlet qui ne devait paraître pour la première fois qu'en 1775, à l'étranger. Chez Mairobert, Aubry de Julie s'approvisionnait en « mémoires » dont il composait ses gazetins. L'un de ses abonnés était le duc de Penthièvre, petit-fils de Louis XIV par le comte de Toulouse. Aubry se servait du cachet de ce prince du sang pour fermer ses paquets mis à la poste — procédé connu — et les expédier en sécurité.

Le recueil de la Mazarine se compose donc, en majeure partie, des nouvelles d'Aubry de Julie rédigées sur les « manuscrits » de Mairobert, et fournies au duc de Penthièvre par l'intermédiaire de Courtin. Outre le duc de Penthièvre, Aubry avait pour abonnés : le marquis de Voyer d'Argenson aux

Ormes, M. de Wettelin à Bruxelles, le directeur de la Gazelle de Clèues, le baron de Schulembourg, d'autres encore. Un certain nombre de gazetins, destinés à ces derniers, appartiennent au dossier d'Aubry de Julie (Archives de la Bastille)1. Ils sont semblables aux feuilles correspondantes de la Mazarine et, d'autre part, du Bachaumont.

Pidansat de Mairobert s'était suicidé, le 27 mars; 1779, avec la mise en scène décrite par Courtin. Il n'avait pas voulu survivre à ce qu'il croyait un, déshonneur. Impliqué dans la faillite du marquis i de Brunoy, il venait d'être « blâmé » par le Parle- j ment, comme porteur d'un billet acquis pour imej somme au-dessous de sa valeur2.

Le recueil de gazetins conservés à la Bibliothèque j de la Ville de Paris est loin d'être aussi volumineux que celui de la Mazarine; mais l'intérêt n'en est pas moins vif. Les nouvelles du théâtre et les! échos mondaine y trouvent une grande place. Ces, gazetins vont jusqu'en 17803.

Une autre liasse de nouvelles à la main, appartenant aux Archives de la Bastille \ vient confirmer les observations faites à propos des recueils;

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