Le Mariage de l'igaro, V, iij
sitôt surgissent les confrères et toutes les vilenies professionnelles que nous avons racontées :
« Pou-ou! je vois s'élever contre moi mille pauvres diables à la feuille; on me supprime.... »
Le malheureux pense à se suicider, lorsqu'un dieu bienfaisant le rappelle à son premier état.
« Je prends ma trousse et mon cuir anglais, puis, laissant la fumée aux sots qui s'en nourrissent et la honte au milieu du chemin, comme trop lourde à un piéton, je vais, rasant de ville en ville, et je vis enfin sans souci.... Un grand seigneur passe : il me reconnaît....1 »
En dépit des décors et des costumes, la scène est à Paris. Beaumarchais a soin de nous en avertir2. Il a <( sorti » son héros de la réalité. Au fait, combien en avons-nous déjà rencontré de Figaros, au cours de ce récit, ne fût-ce que dans la « société » de Rambaud : c'est Tollot, Sarazin, Lacroix, La Pierre, tous domestiques, tirant l'épée, maniant la plume, courant spectacles et plaisirs.
« Depuis deux mois, dit Sarazin, j'errais, vagabond, sans rien faire que donner quelques leçons de musique pour subsister et continuer la théologie pour embrasser l'état ecclésiastique, dégoûté du monde — on croit entendre Figaro — quand je fus rencontré, rue Saint-Denis, des nommés Tollot et Felmé qui me proposèrent d'aller en Hollande pour leur envoyer des nouvelles3.... »