CHAPITRE IV
« Branches >» et » bureaux » d'une société de nouvellistes. Contrat d'association entre un « chef de nouvelles » et son secrétaire de rédaction. Une liste d'abonnés. — II. Les sources d'information. Nouvellistes « avertis ». Le reportage sous Louis XIV. Les soixante-douze correspondants de Chevrier et ses abonnements annuels de 240 livres. — 111. Le travail sur « Mémoires » et sa rémunération. — IV. Domiciles et condition sociale des nouvellistes à la main. Copistes et sous-copistes. Une blanchisseuse nouvelliste. — V. Les fuites de copie. — VI. Les « pratiques >• et les prix d'abonnement. — VII. Distribution et colportage des « gazetins ». Les cafés sont les kiosques des nouvelles à la main. Expéditions en province et à l'étranger. Une page de Molière.
Une hirondelle ne fait pas le printemps : un
rédacteur ne fait pas un journal, eût-il le génie
et l'activité de cousine Yvonne. Les nouvellistes
e réunissaient à plusieurs pour la confection de
eurs bulletins. Ils se mettaient en « branches »,
pour nous servir de leur expression *, ou, comme ils disaient plus souvent, en « bureaux2 », — d'où le mot « un bureau de rédaction ».
« ...Ils s'associèrent plusieurs ensemble, savoir les nommés Colson, Girardin, Lacroix, Ledoux, Diot et autres, lesquels fournissaient chacun leurs nouvelles, et comme lui, répondant, était le plus propre à la composition, il rédigeait lesdites nouvelles : c'était le nommé Lacroix (un domestique), qui en fournissait le plus3 ».
A la tète du bureau figurait le rédacteur en chef, appelé « chef de nouvelles4 ».
Puis le secrétaire de la rédaction. Voici un contrat passé, le 7 janvier 1774, entre un chef de nouvelles, le chevalier d'Abrieux, et un certain Dubec, qui nous fera connaître les attributions d'un secrétaire de rédaction dans un bureau de nouvellistes :
« Le sieur Dubec recevra deux fois par jour les nouvelles. Il les fera transcrire au fur et à mesure, lisiblement et mot à mot, sans jamais se permettre d'y ajouter aucune de son chef. »
S'il arrive que, de son côté, Dubec reçoive directement des informations, il devra les transmettre à son chef et ne les insérer qu'après son visa. C'est à Dubec qu'incombera le soin de choisir les scribes et copistes; mais les fuites sont à craindre,