juil. 1714, ibid
plaires déjà lus. Un certain Ratier transcrivait ainsi, en 1724, les feuilles que lui communiquait un laquais de M. de Gouvernet1; et c'était bien l'éventualité que redoutaient le plus les nouvellistes — après l'apparition toutefois de l'exempt armé de son bâton rouge et d'une lettre de cachet.
Mais ces emprunts pouvaient aussi être consentis par les nouvellistes, pauvres diables pour la plupart, et de cœur généreux. Voyant un camarade dans la peine :
« Tâche de te procurer des souscripteurs, je te passerai de la copie. »
Ou bien ils vendaient fort cher leurs informations à des confrères possesseurs d'abonnés qu'ils ne pouvaient eux-mêmes atteindre, ne connaissant pas leurs adresses.
Girardin, qui est prisonnier au Grand-Châtelet en 1744, assure au lieutenant de police que, s'il est coupable, ce n'est point comme auteur (rédacteur de nouvelles). Il se procurait des « mémoires » à raison de 9 livres par mois et les répandait ensuite « pour gagner sa vie et soutenir sa famille2 ».
Pierre Noël dit de son côté :
« Las de solliciter des emplois, sans trouver jour à en obtenir aucun, je pris le parti de m'adresser, sur la fin du mois d'août, à Felmé (un nouvelliste réputé). Celui-ci s'engagea, après bien des instances, à me communiquer la feuille de chaque