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Kouruier, Variétés littéraires, VIII

144 livres par an, 4 à 500 francs, valeur actuelle. Les nouvellistes de second ordre acceptaient des souscriptions à 3 livres par mois. Leclerc et Châtelain donnaient leurs gazetins moyennant un abonnement mensuel de 20 et 30 sols (ce qui représenterait aujourd'hui un abonnement annuel de 72 francs). Mais c'étaient des gâte-métier : « Je lui dis, déclare Nervèze, qu'il avait tort de donner ses nouvelles à si bon marché; Leclerc me répondit que chacun faisait comme il l'entendait1 ».

D'autre part nous voyons des abonnements monter jusqu'à 600 livres par an, environ 2000 francs de notre monnaie.

Felmé avait soixante-dix souscripteurs; mais, si Ton considère que ces soixante-dix abonnés étaient tous personnages de la plus grande qualité, on se demande quelle n'était pas l'autorité de cet humble écrivain, ignoré de ses contemporains.

Le nouvelliste Kauffmann parle, en 1769, d'un chanoine de Guyenne à qui ses gazettes manuscrites procuraient un important revenu. Ce commerce florissait entre ses mains, car il était renseigné sur la vie intime du roi et des grands seigneurs. Ce gazetier en soutane composait lui-môme ses feuilles, les écrivait et les portait à la poste 2. Il n'avait jamais plus de vingt souscripteurs, de la première distinction, le rémunérant chacun à raison d'un louis d'or par mois, qu'ils versaient d'avance.

Aussi avec quelle ardeur nos publicistes ne font-

1. Interr. de Nervèze, 17 oct. 1669, B. A. ms. 10 331. <2. B. A. ms. 10 385, f. 19.

ils pas la chasse à ces abonnements dorés ! j Comme ils tremblent de mécontenter les « pratiques » ! Quel ennui quand le courrier apporte une i lettre comme la suivante, adressée au nouvelliste Duthuillé par un souscripteur d'Angers :

« Monsieur, je vous prie d'écrire à celui qui nous donne des nouvelles à la main de (ne) nous donner que des nouvelles vraies ou du moins vraisemblables. Dans la dernière feuille, il nous mande une triste aventure arrivée dans notre ville d'Angers, qui n'a jamais eu lieu, comme aussi de lui mander qu'il nous donne des nouvelles plus intéressantes que celles qu'il a coutume de nous donner et qu'elles soient copiées plus correctement1 ».

Et avec quel soin chacun de nos publicistes fait valoir la qualité de la feuille rédigée par son bureau! Un gazetier à la main, qui a pour abonné Bidault, huissier de la Chambre du roi, écrit, le 5 janvier 1777, à la fin de son journal :

« Des raisons m'obligent d'assurer qu'étant assez répandu pour être bien informé de tout ce qui se j passe en tout genre, je ne laisse ignorer à mes lecteurs aucun événement essentiel, que je m'applique à toujours bien remplir mes feuilles, en abrégeant ou circonstanciant mes articles d'une exactitude ; très scrupuleuse, selon le plus ou moins de nouvelles; mais je n'en forge point, ni ne veux mander celles dont la fausseté m'est connue et qui s'impriment dans plusieurs gazettes, ainsi qu'on a vu

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