‹ Figaro et ses devanciersChapitre 47 sur 194 · I. Le Mariage de Figaro, acte III, scène vu · texte numérisé non relu

I. Le Mariage de Figaro, acte III, scène vu

Le plagiat est aussi ancien que la littérature. « Nous autres gazetiers, écrit l'auteur de la Quintessence des nouvelles1, nous nous pillons les uns les autres. » Les rédacteurs en chef se plaignent sans cesse « que leurs nouvelles transpirent à d'autres nouvellistes2 ». Sarazin avertit son confrère Tollot « que ses mémoires se divulguaient extrêmement dans le public » et que « le nommé Claudot, sa société et autres les avaient3 ».

Ce Sarazin, comme on Ta dit, était un nouvelliste de valeur. Tollot et Felmé essayèrent de se l'adjoindre. C'est l'opération, toute moderne encore, de la fusion de deux feuilles rivales; mais Sarazin entendait conserver son indépendance. Alors les deux compères « conçurent de l'indignation contre lui et complotèrent de le perdre : ils lui suggérèrent de fausses nouvelles, afin qu'il les insérât dans les siennes* ».

Nos journalistes se jalousent, se détestent, se dénigrent; ils se battent à coups d'épigrammes :

London. le marchand de nouvelles, M'accuse de son discrédit, Pour n'avoir dit vrai quand j'ai dit Que rien n'était moins nouveau qu'elles. En conséquence il a pris soin De me tirer, je ne sais comme, Un certificat d'honnête homme :

Chacun sent, dit-on, son besoin5,

1. Journal do Mme du Noyer, publ. à La Haye, n° du 19 août 1720.

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