Rapport du 10 févr. 1745, ibid., f
était impatiente de leurs attaques. Elle en écrit à son frère :
« Il nous est parvenu à Choisy une nouvelle de Paris dont on ne pouvait douter : c'était le mariage et publication de bans du marquis de Langeron avec une femme de chambre de Mme de Sens. Je lui ai écrit pour savoir la vérité. Le pauvre diable n'y a jamais songé et se désole de cette noirceur. En vérité, ils deviennent par trop faux à Paris. Je ne les croyais que bêtes et méchants, mais cela est trop fort. Vous savez que Bellevue (un château que Mme de Pompadour avait fait construire et décorer par les premiers artistes de son temps) a baissé d'un pied, que toutes les glaces et cheminées sont en miettes, du feu que Ton y fait — et depuis le temps que je l'ai vendu au roi 800 000 livres. Ces faiseurs de nouvelles seraient bien attrapés, s'ils savaient que je les méprise souverainement et qu'ils ne me font pas la plus légère peine l. »
De Ghanteloup, le 12 mars 1774, Ghoiseul écrit en termes semblables à sa sœur, la duchesse de Gramont :
« Je vous serais obligé de faire prier M. de Sartine d'avertir les faiseurs de nouvelles que la bêtise ne les dispense pas d'être mieux instruits quand ils parlent d'un citoyen relégué dans son château... -. »
1. Lettre du 18 janv. 1751. Correspondance de Mme de Pcmii>adour, éd. Poulet Malassis, p. 71.
2. Gaston Maugras, la Disgrâce du dur cl de la duchesse de Choiseul,
Les plaintes se multipliaient. « Parler au comte de Maurepas — écrit Chaban, secrétaire du lieutenant de police, dans une apostille au nom du Magistrat — parler au comte de Maurepas (ministre de la Maison du roi) des nouvellistes qui distribuent à Paris, qui envoient, dans les provinces et même à l'étranger, des nouvelles manuscrites. Tout le monde s'en plaint, parce qu'ils attaquent et distribuent des faits faux et injurieux contre tout le monde, sans aucun ménagement l. »
Beaumarchais lui-même — devenu en quelque sorte le patron des nouvellistes, sous l'immortelle résille de Figaro, et leur plus remuant défenseur — n'est pas épargné par leur plume qui n'épargne rien : n'iront-ils pas insinuer, quand il perdra, en 1770, sa deuxième femme, la veuve Lévêque, que la mort de cette seconde épouse n'a pas été plus naturelle que celle de la première? Et, pour passer du grave au plaisant, le célèbre nouvelliste Melchior Grimm n'écrira-t-il pas, en novembre 1775 (on sait la mission dont Beaumarchais avait été chargé à Londres auprès de la chevalière Déon, qui était un homme et un ancien dragon) :
« Le bruit s'est répandu, depuis quelques jours, que le chevalier d'Eon allait revenir dans ce paysci; on ajoute que M. de Beaumarchais l'épouse2.... »
Nos compagnons s'entendent, par d'adroites manœuvres, à favoriser les spéculations de Bourse, les hausses et les baisses fictives sur le blé, sur le