‹ Figaro et ses devanciersChapitre 61 sur 194 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

I. Le gouvernement doit poursuivre les nouvelles à la main. Guerres de Religion et de la Fronde. — IL Le roi Soleil et les nouvellistes : un mal sans remède. Les gazetiers de Foucquet. Un communiqué au xvir9 siècle. — III. Gazettes de Hollande : Banobi guetté par le Mont-Saint-Michel. — IV. La boutique de M. Petit; la Cliquette et sa « société ». — V. Le lion et les moucherons : la crainte du châtiment n'est plus le commencement de la sagesse. — VI. Un bon conseil de Le Prestre de Rosnay : l'antidote du poison. Les nouvellistes postiers et le cabinet noir. — VIL Adoucissement des pénalités sous la Régence. — VIII. Industrie des nouvelles tolérées sous la surveillance de l'administration. — IX. Bienveillance du cardinal de Fleury. — X. Manille, le lieutenant de police journaliste. — XL Tempête imprévue : le Parlement remet en vigueur les pénalités anciennes.

Il ne faut donc pas s'étonner de la rigueur déployée par l'administration contre les gazetiers à la main. Dès le 16 septembre 1551, Henri II porte défense « que nul ne soit si osé d'écrire nouvelles qui tou-

chent les affaires du royaume, sur peine de confiscation de corps et de biens ». Les lettres royaux étaient motivées sur « ce que font les marchands espagnols, portugais, italiens qui, sous ombre de l'entrecours et trafic de leurs marchandises, écrivent nouvelles es Flandres et autres pays de la subdition de l'Empereur1 ».

Durant les guerres de religion, les nouvelles à la main sont des instruments de lutte entre les partis : catholiques et réformés, guisards et royaux se bombardent à l'envi de calomnies et d'outrages2.

On imagine si l'agitation de la Fronde anima nos compagnons, tous frondeurs. Malgré le scepticisme intelligent de Mazarin, les sévérités redoublent, particulièrement en la fameuse année 1649, où le Châtelet va jusqu'à prononcer contre les nouvellistes des condamnations à mort. Il est vrai que, de temps à autre, le peuple, en lapidant archers et bourreau, mettait les exécuteurs en fuite et délivrait le condamné au moment où, déjà, la corde lui tournait autour du cou.

On ne peut empêcher d'écrire Par menaces, ni autrement, Et les arrêts du Parlement N'ont pas assez de suffisance...

fait-on dire au pauvre Mazarin3.

L'arrêt du 22 août 1656 et l'ordonnance du

1. Ch. Desmaze, Pénalités anciennes, Paris, 1866, in-8, p. 119.

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