Ibid., f
qui n'ont rien à craindre. A gens de telle étoffe, la prison de Bicôtre, ou toute autre punition, cela leur est indifférent l ». Au reste, à tous, grands et petits, Rambaud faisait la vie agréable. « Il n'épargne rien, écrit Poussot, pour leur procurer toutes sortes de plaisirs : le vin, la bonne chère, les loyers francs, rien ne lui coûte, pourvu qu'on écrive ses nouvelles et qu'on les porte2. » Nos gens sont sans cesse au cabaret. Les voici, le 30 mars 1744, en partie de plaisir à la guinguette de Vaugirard. Ils traitent des soldats, Brin d'Amour et la Jeunesse3, des dames et des demoiselles. Un abbé, Jacques-Hubert Delahocq, qui s'est mis en cavalier, en conte aux filles et leur dit qu'il les veut épouser''.
L'obligation de transcrire deux cent quatre-vingts fois les gazetins qui partaient par chaque ordinaire, devenait un danger : comment s'assurer la fidélité et la discrétion de tant d' « écrivains »? Plusieurs de ceux-ci furent arrêtés '6. Rambaud, toujours en quête d'améliorations, eut l'idée de confier ses manuscrits à un graveur, de qui le travail devait permettre de tirer chaque feuille à un îombre illimité d'exemplaires. Il s'adressa à un çraveur en lettres réputé, Antoine Desbrulins, qui onsentit à lui buriner ses feuilles sur cuivre
1. Rapport de Poussot, 27 févr. 1744, B. A. ms. 11541, f. 232-33.