‹ Figaro et ses devanciersChapitre 83 sur 194 · Rapport de Poussot, 3 juil. 1746, iùid., f · texte numérisé non relu

Rapport de Poussot, 3 juil. 1746, iùid., f

vive et des plus amusantes, toujours en train; quand un jour, pour être entré trop brusquement dans une chambre — voilà ce qu'un amoureux ne devrait jamais faire — « il s'aperçut qu'il n'était pas seul possesseur des bonnes grâces de la Pomier et que Rambaud les partageait avec lui1 ». Colère, désespoir, retour chez le père, scène classique de l'enfant prodigue; mais Geneviève savait la puissance de ses charmes; elle eut tôt fait de ramener le fugitif, et au travail des nouvelles, et à des amours moins indiscrètes.

Outre la collaboration de ses galants, Geneviève Pomier fournit à Rambaud celle de sa famille, qui comprenait, en plus de ses trois jeunes sœurs, un frère, Jean, un galopin de quatorze ans. Elle les J fit venir à Paris, où tout ce monde logea, tantôt rue de la Juiverie. au Mouton d Argent, tantôt rue Jacob, au Pied de Biche. Les Pomier, promus colporteurs en chef de l'association, allaient remettre les paquets aux bureaux de la poste, ou bien à domicile chez les abonnés de Paris. « Jean Pomier, dit l'inspecteur Poussot, faisait toutes les commissions de Rambaud, on peut dire qu'il les faisait avec esprit et môme avec sentiment-. » Jean avait pour sous-ordre un autre polisson, le petit Chariot qui, lui, était âgé de douze ans. Et Poussot fait précisément remarquer que Rambaud se servait! de préférence, pour ce périlleux colportage, de pareils « garnements, dit l'inspecteur de police,

1. Rapport do Poussot, 27 févr. 1741. B. A. ms. 11 514, f. 232-33.

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