Registre de l'inspecteur Roussel, B. A. ms. 10 137, f
2. Rapport de l'inspecteur d'Hémery, 9 mars 1750. B. A. ms. 11 625, f.
mission de l'observer. Il lui dresse des pièges, auxquels Thabile publiciste sait régulièrement échapper. Le S juillet 1751, d'Hémery parvient cependant à l'arrêter et le conduit au For-1'Évêque, mais sansjl avoir pu se procurer les preuves nécessaires à sa condamnation. « Il était impossible de le prendre en flagrant délit, par les précautions qu'il prenait et la méfiance où il était continuellement. J'ai même eu beaucoup de peine à l'arrêter, attendu que, dans l'endroit où il logeait, il avait une trappe par laquelle il aurait pu se sauver par les toits, s'il en avait eu le temps *. »
C'est bien, comme on voit, « l'hydre aux tètes I sans cesse renaissantes », pour reprendre l'exprès- Il sion du commissaire de Rochebrune. Déjà nous avons dit, et répété même, que l'industrie des nouvelles à la main répondait à un besoin : ceuxlà étaient les premiers à les lire qui en poursuivaient les auteurs. C'est une de ces contradictions que le libre épanouissement de la vieille France avait produites. Elle ne connaissait pas la contrainte administrative, ni le nivellement législatif; elle ne connaissait pas les innombrables fonctionnaires occupés à régler l'existence de leurs conci* I
1. Lettre do l'inspecteur d'Hémerv, 8 juillet 1751, Bibl. nat., ms. aouv. acq. franc. 12M, f. 23.
toyens el à les aligner au cordeau. Les coutumes grandissaient, les traditions se développaient sous la poussée spontanée de la vie : tel le pittoresque enchevêtrement de la forêt. Il est vrai que, diverses en leurs origines, libres en leur croissance, ces coutumes en arrivaient à se contrarier sur de nombreux points. Quel désordre ! mais aussi quelle vive allure et qui donnait au pays son originalité et sa vigueur.