‹ Figures byzantinesChapitre 6 sur 29 · Paul Adam, Irène et les Eunuques, Paris · texte numérisé non relu

Paul Adam, Irène et les Eunuques, Paris

dominant les eaux rapides du Bosphore, elle passait les soirs devant la féerie immortelle du ciel levantin à se voir reflétée dans les vasques de métal poli, resplendissante e<4mme la mère de Dieu en la châsse pompeuse de èes vêtements, qui miraient les scintillantes étoilefe à chaque facette de leurs joyaux uniques. Les pensées de triomphe vibraient en elle. Sa mémoire évo(Juait les enseignements mystérieux des écoles. L'amour de faire vibrer un peuple au souffle de son esprit la tenait haletante et pâmée * ». Et telle est, pour cette femme supérieure, la sympathie de Tauteur, que son crime même trouve à ses yeux une excuse et lui apparaît presque légitime. Si elle détrôna son fils et le fit aveugler, c'est, dit le roman -^ cier, « qu'elle préféra supprimer l'individu au profit de la race. Le droit absolu lui donnait raison ^ ». Ce sont là, je le veux bien, imaginations de poète. Mais de graves historiens aussi nous peignent Irène sous un aspect non moins séduisant. L'un vante ses talents, son habileté supérieure, la souplesse de son esprit, la clairvoyance de ses vues, la fermeté de son caractère '. Un autre voit en elle une femme tout à fait remarquable, qui donna à Byzance « le meilleur gouvernement et le plus réparateur qu'eût peut-être vu l'empire byzantin ». Et il ajoute : « C'était une femme vraiment née pour le trône, d'une intelligence virile, admirablement douée de toutes les qualités qui font les grands souverains, sachant parler au peuple et s'en faire aimer, excellant à

Page 1