Jbid., p
3. Gasquet, VEmpire byzantin et la monarchie franque, p. 252,
choisir ses conseillers, douée d'un parfait courage et d'un admirable sang-froid* ».
Je confesse que, pour ma part, Irène m'apparaît beaucoup moins séduisante. Aprement ambitieuse — ses admirateurs notent en elle comme un trait dominant l'amour qu'elle eut du pouvoir (ti ç(Xap)rov), — toute sa vie elle fut conduite par une passion mattresse, le désir de régner. Elle était jeune et belle : elle ne prit point d'amant, de peur de se donner un maître. Elle était mère : l'ambition étouffa en elle jusqu'au sentiment maternel. Pour parvenir au but qu'elle s'était assigné, elle n'eut aucun scrupule ; tous les moyens lui furent bons, la dissimulation et l'intrigue, la cruauté et la perfidie. Toutes les puissances de son esprit, toutes les forces de son orgueil se tendirent vers cet objet unique, le trône. Et ce fut toute sa vie. Sa piété même, qui fut réelle et profonde, accrut et aida son ambition : piété étroite, superstitieuse, par laquelle elle se persuada qu'elle était l'instrument nécessaire des desseins de Dieu, qu'elle avait en ce monde une œuvre à accomplir, le devoir de la défendre et de ne point permettre à d'autres de la ruiner. Ainsi elle accommoda au mieux les conseils de sa religion avec les suggestions que lui inspiraient son intérêt et son amour du pouvoir ; et comme elle fut, en conséquence, toujours convaincue de son droit et certaine de son devoir, sincèrement elle marcha à son but, sans hésiter devant aucun obstacle, sans se laisser détourner de sa voie par aucune difficulté. Orgueilleuse et passionnée, elle fut violente, brutale, cruelle; tenace et obstinée,